Les Proies de Sofia Coppola

En pleine guerre de Sécession, en Virginie, la vie des pensionnaires d'un internat de jeunes filles est chamboulée lorsqu’elles découvrent un soldat blessé de l’armée dans leur jardin. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent.

On est en plein drame historique mais dès le début on a l’impression d’entrer dans un conte de fées. En effet, dans la première scène, une jeune fillette ramasse des champignons dans les bois à la lumière du crépuscule et trouve un homme dans leur jardin, caché sous un arbre. Il s’agit d’un soldat blessé (Colin Farrell) à l’accent irlandais. Est-il charmant ou dangereux ? La jeune fille décide de l’emmener dans son pensionnat afin de le soigner. L’homme se retrouve alors seul dans un internat de jeunes filles isolée, Nicole Kidman joue Martha la maîtresse de maison.

Est-il prisonnier ou invité ? Qui sera la proie de qui ? Commence alors l’intrigue et le huis clos dans un magnifique décor où la tension sensuelle monte petit à petit.

« Nous sommes des filles » récitent les femmes durant une leçon de français. Fidèle à son style, la réalisatrice choisi de filmer cette histoire sous un angle très féminin. Ce qui lui importe est la complexité des femmes et leur façon non verbale de communiquer, leur regard, leur alliance et leur tempérament. On dirait un essai sur les nuances et paradoxes de la féminité. Chacune des héroïnes a un âge très différent et va tenter de séduire la proie à sa façon. Sofia Coppola se moque avec finesse des stratagèmes de chacune et cela donne des dialogues drôles et perfides.

On reconnaît là la signature de Sofia Coppola qui approche cette intrigue avec des images sublimes qui rappellent son film Virgin Suicide. De la fumée au crépuscule, la lumière du chef opérateur Philippe Le Sourd nous plonge dans une ambiance oppressante et hantée, entre conte de fée et film d’horreur.

Tali Cavaleri

Casting impressionnant (Nicole Kidman, Elle Fanning, Kirsten Dunst, Colin Farrell), le film qui a pourtant remporté le prix de la meilleure réalisatrice au Festival de Cannes cette année. a été fortement critiqué par son manque de personnage noir américain dans un film sur l’esclavage. C’est la deuxième femme de l’histoire du Festival de Cannes à gagner ce prix. La première a gagné ce prix était la russe Yuliya Solntseva en 1961 pour “The Chronicle of Flaming Years.”

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