Fabrice Gygi

Submitted by Alexandre on Wed, 30/11/2011 - 21:21

Fabrice Gygi, l'artiste plasticien

Né à Genève au milieu des années 60, il commence son activité étonnamment en dessinant des tatouages, prémices de son travail artistique dans la gravure. Tout a commencé à la bibliothèque de Beaubourg à Paris, Fabrice Gygi avait 13 ans. "Je me faisais des tatouages dans la bibliothèque parce qu'il faisait chaud. C'était à une époque où il n'y avait pas tous ces salons de tatoueurs. J'ai toujours considéré que c'étaient mes premières gravures".

D'un penchant artistique marqué, Fabrice Gygi s’inscrit à l’ESAV (aujourd’hui la HEAD) et entame un cursus qui le dirige vers la sculpture. Lancé dans le milieu culturel genevois, il a fait partie des bonnes âmes qui ont ouvert notre Usine chérie. 

Il se rappelle de “m2”, une galerie alternative située à Vevey : sa première expo, des photos, une performance. Le voila lancé.

En 1997, son talent est désormais reconnu: il a ouvert la galerie Forde. Ses travaux sont de plus en plus visibles. Il reçoit une bourse fédérale d’art. Pierre Keller vient le chercher pour enseigner dans l’ECAL qu’il vient de reprendre en tant que directeur.   

Mais ce voyageur ne reste pas à Genève, il participe à bon nombre de collectives et signe avec la galerie Chantal Crousel, ce qui lui ouvre les portes du marché de l’art. Sa vocation internationale le mène à représenter la Suisse à la Biennale de São Paulo en 2000 et à celle de Venise en 2009.

Après un parcours sans fautes dans le milieu artistique, il ouvre en 2008 la galerie DARSE, un espace intimiste où il présente ses jeunes poulains ou simplement ses coups de coeur.

Fabrice Gygi, l'artisan bijoutier

“J’ai toujours eu envie de faire des bijoux”

Il se consacre donc à le faire en ayant la volonté de créer non pas des bijoux d’artiste, mais des bijoux de bijoutier : il se transforme ainsi en artisan-artiste.

C’est à ce moment-là qu’il se décide à prendre un tournant dans son travail : il transforme donc DARSE en atelier de bijoux et maquettes. Il entame un processus de nouvelle recherche dans son travail. Il continue donc l’expérimentation, sans laisser tomber sa production artistique.

En 2011, le FMAC et le MAH le mandatent et lui proposent d’organiser une exposition en tant que curateur. Il ouvre donc les portes du Musée Rath à tout Genevois qui le veut bien. Il suffit d’envoyer un fax qui, s’il arrive parmi les 296 premiers, aura son caisson de 1x1m pendant la durée de l’exposition. On se bouscule au vernissage de l’exposition Rathania’s Simili Causus.

Fabrice Gygi, l'estampiste et le graveur

Après avoir été plongé dans l'art par la gravure, Fabrice Gygi s'en était éloigné quelque peu dans les années 90. Depuis toutefois, il ne cesse de temps à autre de présenter des oeuvres de gravure ou estampes en Europe. Prolongement de ses tatouages, les gravures de Gygi constituent une forme de carnet intime qui le suit et se transforme au fil des années. Les premiers tatouages de Fabrice Gygi, à son adolescence, marquent les bases de son travail sur la gravure. Gygi puise pour son travail de gravure tant dans le registre de l’érotisme que des objets du quotidien.

En 2002, l'artiste est invité par la Société Suisse de Gravure pour réaliser pour ses membres en édition limitée "Treillis", une linogravure monumentale, signe de protection qui entoure les cours de jeu et les habitations, qui évoque l’enfermement qu’il génère imperceptiblement. Dans les linogravures des années 2002- 2004, les objets subissent diverses mutations - le bretzel se change ainsi en arme de guerre; le trait acéré de la gouge se faisant plus tranchant, il rend la matérialité froide de l’objet et révèle alors de nouvelles icônes de notre univers urbain.

Récemment, Fabrice Gygi était à l'honneur à l'URDLA, le Centre International Estampe et Livre à Villeurbanne (F), il y montrait linogravures, lithographies et gravures. Par la gravure, l'artiste a l'impression de retranscrire des choses que [il a] observées dans le monde. "Je travaille un peu à la manière d’un peintre figuratif animé d’un vrai souci de réalisme".

 

Fabrice Gygi, un Genevois incontournable, qui n’a pas fini de nous surprendre!

 

A lire: entretien de Fabrice Gygi par Lise Fauchereau. "Fabrice Gygi, épreuves de forces", Nouvelles de l’estampe n°236, Automne 2011.