Claudio Colucci

Submitted by julie on Sun, 31/03/2013 - 08:56

Diplômé en design graphique des Arts Déco de Genève et en design industriel de l'ENSCI-Les Ateliers de Paris, c'est principalement au Japon qu'évolue désormais le designer suisse Claudio Colucci.

Pourquoi être passé du graphisme au design? "C'est la 3e dimension, le volume, le toucher qui m'ont interpellé. Et ce qui me passionne dans le métier de designer, c’est la possibilité de se mettre dans la peau de toutes les professions..."

Designer mais pas seulement, il se veut aussi scénographe et architecte d'intérieur, un vrai artiste multi-facettes.

Nous le rencontrons et il nous parle d'inspiration, de Japon et du design suisse.

Qu'est-ce qui vous inspire le plus?

Ma première source d’inspiration, c’est le voyage. Je partage ainsi ma vie entre Paris, Tokyo, Genève et récement Shanghai... Je suis très influencé par ces allers-retours qui modifient ma vision des choses. Il existe d'ailleurs un "espace" entre tous ces voyages et entre les choses elles-mêmes qui m'inspirent beaucoup, comme la présence d'un monde parallèle à portée de main que j'imagine fantastique.

Comment définiriez-vous votre signature en matière de design ?

Le voyage, les croisements de mouvements ont fait de moi un partenaire de l’entre-deux, un auteur de la transition, d’une chose à une autre, d’un monde à un autre. 

Mon style, c’est un mélange de malice, d’humour, de couleurs et de sensualité. Ce qui me distingue, à mon sens, ce sont aussi les histoires qui sont à l’origine de chacun de mes projets. Je travaille presque à la manière d’un scénariste ou d’un réalisateur. Pour chaque pièce, j’imagine un récit. C’est le secret de ma démarche. 

Une autre de mes forces, c'est ma présence sur plusieurs pays avec des équipes dynamiques qui assurent le suivi de mes projets.

Comment expliqueriez-vous votre coup de cœur pour le Japon ?

Les deux grandes qualités qui comptent pour moi sont la générosité et la rigueur. Ces mots définissent également mes lieux préférés:  la Méditerranée et le Japon.

J'ai tout de suite aimé le Japon pour sa rigueur, son minimalisme, une ligne pure et nette, cette perfection des choses qui m'a tout de suite plu, mais également pour une bonne dose d'humour, de fun et d'excentricité car Tokyo c'est l’esthétique de la contradiction. Tokyo me surprend toujours par sa beauté qui est comme une forme d'entropie de la contradiction.

D'une certaine manière, je développe une même esthétique dans mon travail, une certaine forme de la contradiction ou, en d'autres termes, une opposition subtile des genres, des styles, des goûts dans un même et unique espace ou objet, ce qui, aujourd hui, est devenu un élément fort dans mon travail et que j'ai nommé le "morphing" : la recherche d'une équation peu probable.

Par ailleurs, j'ai passé une bonne partie de ma vie sur les tatamis en kimono, mon père était maître de judo et moi-même passionné par ce sport, cette philosophie, comme si le Japon était déjà un peu en moi avant même de m'y rendre.

Que représente la Suisse dans le milieu du design?

J'ai envie de répondre: "Ce qui est petit est bien". La Suisse véhicule des notions comme la qualité, le savoir-faire, la précision, la confiance, ....mais également une bonne dose d'ingéniosité. S'il fallait trouver un produit qui répresente la Suisse, je dirais sans hésiter le couteau suisse Victorinox.

Selon vous, il y a-t-il une identité suisse parmi les designers?

Oui, l'identité suisse était très forte dans les années '60 notamment en graphisme et en typographie, un peu en architecture. J'ai le sentiment que le design industriel commence à faire valoir ses qualités "nationales" sur le marché mondial mais il faut avouer que, sans industrie suisse, il est dificile de créer une identité.

Néanmoins,  les valeurs de qualité,  savoir-faire, ingéniosité, épure, avec souvent une touche d'humour sont identitaires des designers suisses.

Comment imaginez-vous la relève en matière de design?

Un design avec moins de matérialité à tous points de vue, physique et spirituel. Un design qui crée non plus des objets "plastiques" mais des scénarios de vie qui seront très probablement orientés vers la sauvegarde de notre planète. Mais l'inverse n'est pas à exclure non plus.

Avec quel artiste souhaiteriez-vous travailler?

Geoges Lucas ou Hayao Miyazaki.

Qu’est-ce que vous rêveriez de créer ?

Une cité sans gravitation.

 

Prochains événements et expositions

- 30 mars au 2 avril 2013: exposition collective / Art Labor Gallery / Sanya-Chine

- 8 avril au 5 mai 2013: exposition solo / Claudio Colucci / LDDesign Center / Pékin

- 4-8 juin 2013: Boffi Bain Scenography / Paris Design Days / Paris

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