AZANIA, rising star

Submitted by koloina on Sat, 30/04/2011 - 02:10

Chanteuse et auteur-compositeur originaire de Sierra Leone, Azania entame sa carrière musicale jeune et fascine le public dès ses premières prestations. Avec plus de 600 concerts à son actif dont des passages remarqués aux précieux festivals de Montreux, Paléo et Caprices, elle a également surpris plus de 4 millions de téléspectateurs en gagnant 3 fois de suite l'émission 'Graines de Star' sur M6.

Azania from Gimme'da thing on Vimeo.

Artiste aux multiples facettes, Azania nous prépare cette année un nouvel album aux rythmes soul et funk pour notre plus grand plaisir. Un plaisir qui sera bientôt teinté de nostalgie, sachant qu'elle quitte Genève pour rejoindre LA ville mythique, New-York, la voix rodée pour enchanter un nouveau public, et le coeur plein d’espoir, se réjouissant déjà de nouvelles aventures, toujours plus fortes et enivrantes.

Sa voix est si mélodieuse que l’on regrette en premier lieu de retranscrire l’entretien, puis l’on se dit que rien ne vaut l’écrit, ses pensées sont belles et nous laisserons ainsi les paroles s’envoler pour que l’essentiel reste.

Azania a su dès son plus jeune âge que le chant serait sa vocation, et nous raconte comment l’aventure à débuté, avec un clip vidéo de Whitney Houston

Ce fut une experience clé de voir le clip du titre "The Greatest Love of All" très jeune, et de découvrir toute l’émotion que cette chanteuse était capable d’inspirer, dès un très jeune âge et juste grâce à sa voix, déjà exceptionnelle à l’époque. Cela m’a touché et j’ai su dès lors que je voulais suivre la même voie, et créer le même bonheur chez les gens.

Quelles influences est-ce que le Sierra Leone a eu sur ton parcours et tes créations?

J’ai toujours été inspirée par la musique africaine, même si je n’ai pas eu l’occasion de vivre au pays. Les chants traditionnels sont magnifiques, et j'aimerais pouvoir un jour chanter une chanson dans ma langue, Krio, une fois que je l'aurai apprise comme il faut (rires).

Que veut dire ton prénom ‘AZANIA’?

C’est le prénom que m’a donné ma mère, qui se sentait très concernée par les problèmes d’apartheid en Afrique du Sud. Il y avait à l’époque un parti politique qui proposait de renommer le pays Azania, signifiant ‘Liberté’. C’est un thème important à mes yeux, que l’on fasse référence à la liberté d’expression, d’émancipation face aux pressions sociales et de choix de vie en général. On réalise très vite que cette notion est présente dans tous les domaines importants d’une vie, et que les opportunités de vivre pleinement la liberté sont finalement encore rares.

La musique est ton univers. Quels autres domaines t’attirent?

La musique est ce qui me touche le plus, je me suis immergée dans ce monde jeune, et voir l’effet que cela peut avoir sur les gens lorsque je suis sur scène est un sentiment très particulier. Son influence est universelle, et ce peu importe l’âge. L’interactivité avec le public est plus intense aussi, en comparaison avec d’autres domaines comme le théâtre, l’écriture ou la peinture par exemple. La psychologie et les relations commerciales sont aussi des sujets qui m’intéressent et que j’ai eu l’occasion d’étudier à l’université. On me surnomme souvent ‘business woman’ (rires) et par ailleurs, je trouve que ces domaines sont souvent intereliés avec la musique.

Tu es présente sur tous les médias sociaux et tu gères ta carrière de manière autonome. Tes études t'ont-elles aidé pour cela?

Oui vraiment, ne serait-ce que pour des choses élémentaires comme pouvoir comprendre et organiser ses contrats et finances, et savoir se mettre en valeur de manière cohérente. Cela manque malheureusement souvent dans le métier simplement parceque les gens n’y pensent pas, alors que cela pourrait véritablement influencer leurs carrières et changer le cours des choses. J’aime avoir un oeil sur ma communication et ma présence sur les réseaux tout en restant ouverte à d'autres propositions.

Est-ce que cette présence multimédia favorise réellement la visibiité et le réseautage?

Oui, j’ai pu nouer des liens mais je reste persuadée que le contact direct avec le public et les autres personnes travaillant dans le milieu demeure capital pour tout artiste, des informations sur le net ne suffisent pas pour démarrer ou maintenir une carrière. Nous sommes des millions de personnes et des millions d’artistes indépendants cherchant à vivre de notre art, donc il faut aller au contact, et essayer.

L’Internet offre sans conteste d’énormes opportunités pour toucher le public cible et il serait dommage de ne pas exploiter cette chance que l’on n’avait pas avant. Je pense aussi que la vision que l’on peut avoir de la réussite change avec les moyens de communication: dans le passé il fallait vraiment être quelqu’un et avoir un nom influent dans des villes précises. Désormais, l’influence peut être internationale et sans frontières, on peut avoir une niche de fans au Vietnam par exemple que l’on n’aurait jamais pu atteindre avant - une chose encore irréalisable il y a peu de temps! J’ai aussi des fans au Japon et en Argentine, et ce public a maintenant la possibilité d’accéder à ma musique sans devoir passer par des réseaux de distribution souvent limités – je trouve cela génial et même pour des questions logistiques, cela nous aide aussi dans l’organisation des tournées, afin de savoir où il y aurait un public appréciant l’artiste.

Tes fans sont visiblement heureux lors de tes prestations, il y a-t-il d’autres émotions que tu aimes transmettre?

Chaque chanson a une histoire à raconter, et inspire de ce fait une palette d’émotions. Il ne faut pas uniquement se concentrer sur les perfections vocales et l’image, il y a une véritable essence dans les chansons. Les critiques sont souvent limitées à n’évaluer que les performances vocales - dommage, que fait-on de l’interprétation et des autres émotions transmises? On peut aussi être très touché par la manière de chanter, qu’elle soit juste ou fausse, et c’est aussi pour cela que les gens se déplacent aux spectacles, pour vivre toutes sortes d’émotions intenses et non pas juste regarder un artiste se mouvoir sur scène.

Quelles sont tes sources d’inspiration lorsque tu crées?

Les idées me viennent naturellement, et c’est agréable d’avoir les smart phones pour cela aussi, afin de noter en temps réel les idées de paroles et de mélodies, et développer le tout à tête reposée. Je crée aussi souvent en collaboration avec des musiciens, et principalement un pianiste actuellement.

Comment décrirais-tu ton album?

C’est un album avec beaucoup de messages d’espoir, je le trouve optimiste et encourageant, pour inspirer les gens à être audacieux et vraiment se réaliser, en regardant toujours vers l’avenir. La liberté est aussi un thème récurrent et important.

Dans la chanson “Make it Real”, tu dis que les miracles n’arrivent pas seuls. Qu’as-tu provoqué dans ton parcours pour faire de tes rêves une réalité?

Les miracles existent sûrement, et le danger potentiel lorsqu’on a un rêve particulier, est de juste s’accrocher à un espoir, et attendre que le miracle se produise seul et d’une manière précise. Dans mon parcours il était important pour moi de toujours me surpasser, grandir, et vraiment exploiter mon potentiel. Je ne voulais pas rester sur le fait que les gens se disent que j’avais une ‘jolie voix’ - quand je me réfère à des chanteuses comme Chaka Khan, Aretha Franklin et Whitney Houston, je me dit qu’il y a toujours beaucoup de travail à faire (rires) et même si j’ai fait plus de 10 ans de cours classiques, je suis constamment à la recherche de perfectionnements.

Les contacts sont aussi déterminants et le fait de faire un album me permet aussi de montrer mon univers, qui je suis et ce que j’ai à défendre. C’est aussi pour toutes ces raisons que je pars m’installer à New-York, y vivre représente le plus grand challenge possible à mes yeux, et c’est la même idée fixe qui m'habite depuis toute petite: y aller pour affronter les grands, je sens que cela va beaucoup m’inspirer et c’est aussi marcher vers mon rêve pour saisir toutes les opportunités. La vie est beaucoup trop courte pour juste attendre que les choses se fassent, il faut à un moment donné se lancer et savoir être audacieux!

Te sens-tu prête pour cette nouvelle aventure?

Oui et j’ai aussi eu la sagesse d’attendre de me sentir assez solide et mûre émotionnellement. J’ai pris le temps qui me semblait nécessaire, sachant que je chante professionellement depuis plus de 15 ans et que j’ai des centaines de concerts à mon actif, qui m’ont permis d’acquérir beaucoup d’expérience, aussi en termes de collaborations musicales. J’ai eu l’occasion également de voir l’envers du décor et de comprendre comment cela se passait réellement dans les maisons de disques, les coups de coeur et les déceptions aussi, ainsi je ne débarque pas à New-York ingénue et naïve (rires).

Mon souhait serait d’y faire beaucoup de concerts, cette ville est un véritable mythe à mes yeux, avec des lieux uniques pour écouter du bon live, et beaucoup de tremplins pour se faire connaître. L’image est importante mais il y a un esprit plus critique aussi, et des professionnels qui savent reconnaître les vrais performances: on ne peut juste pas tricher avec les New-Yorkais! (rires) Voilà mon challenge! Je reste ouverte à toutes les options mais je dois passer par cette étape emblématique à mes yeux.

Quand tu parles de rester ouverte , envisages-tu aussi de changer de styles musicaux? Est-ce que l'on découvrira un jour un album électro d’Azania?

Bonne question (rires), j’ai déjà exploré d’autres styles comme le rock acoustique par exemple, mais c’est vrai qu’il faut que le style me plaise, je n'aime pas suivre les tendances et ne vais pas devenir ‘Lady Gaga’ parce que c’est ce qui est le plus médiatisé actuellement. Même si j’aime beaucoup de courants différents, il faut que cela me corresponde au niveau de la personnalité. J’adore la soul et la funk des années 70, et je souhaite pour l’instant rester dans ce style qui est aussi à la source d’autres courants ‘black music’.

Quels artistes t’inspirent le plus?

Il y en a beaucoup (rires) et ceux que j’admire pour leur audace particulière sont Annie Lennox, Björk et Tracy Chapman, des personnes qui ont eu une idée, un style et s’y sont tenues tout au long de leurs carrières. C’est impressionnant et c’est aussi bien que l’industrie du disque reste ouverte pour soutenir ce genre de personnalités et de styles. Adele est aussi une artiste que je respecte, avec beaucoup de sincérité dans tout ce qu'elle fait et sa manière d’être, aussi une superbe parolière avec une voix très expressive et touchante.

Les grands classiques soul comme Marvin Gaye et Stevie Wonder sont aussi des sources d’inspiration, ainsi que Bob Marley - la magie émanant de cette seule personnalité, que ce soit sur disques ou en live, pour ceux qui ont eu la chance de le voir, est mystique! Les émotions sont les mêmes pour des générations entières, que l’on ait 15 ou 50 ans! Et que dire de Michael Jackson! (rires)

As-tu la foi tous les jours? Connais-tu des hauts et des bas, et comment gères-tu ces phases?

C’est important d’avoir des hauts et des bas lorsqu’on est artiste, si l'on n’en avait pas, les inspirations seraient limitées, et pour transmettre des émotions intenses, c’est tout aussi important de les vivre. Il m’arrive d’avoir des doutes comme tout le monde, avec des remises en question, mais je pense que c’est un mal nécessaire pour grandir. Le fait de s’entourer de personnes qui te soutiennent, sans forcément aimer ce que tu fais, est aussi capital. Il y aura toujours des gens pour critiquer négativement ton travail, et le fait d’avoir un soutien est important pour le psychique. Cela s’applique aussi aux artistes qui ont du succès je pense, sachant qu’il y a subitement beaucoup de nouvelles personnes dans l’entourage, et beaucoup d’autres qui changent aussi. Sans référence solide on peut vite être désorienté!

Tu as ton noyau dur autour de toi pour New-York?

Oui, même s’il est petit (rires), il est là et c’est celui qui compte le plus. C’est également important pour les artistes jeunes, qui pensent être prêts à se lancer mais ne le sont pas encore réellement. J’estime pour ma part avoir acquis assez d’expérience pour gérer les obstacles seule, et rester moi-même face aux défis.

Qu’as-tu retenu de ta participation à 'Graines de Star'? Est-ce que Laurent Boyer est sympa?

C’était une super expérience, je n’avais aucune idée à l’époque de la portée de l’émission, c’était drôle et impressionnant à la fois. Laurent est très gentil et il m'a beaucoup encouragé pendant les mois de l'émission. Il faut aussi savoir qu’à l’époque, on ne gagnait que le droit d’enregistrer une chanson, basta. Derrière les coulisses, on m’a effectivement présenté des contrats, que j’ai revus avec mon avocat pour réaliser que cela ne correspondait pas à quelqu’un qui voulait faire une véritable carrière dans la musique, et je n’avais pas envie d’une expérience de type ‘one-shot’ et à court terme. Suite à mes prestations, Jean-Marie Bigard m’avait contacté pour faire la voix off d’une chanteuse dans son film ‘L’âme Soeur’ - je l'ai visionné, et comment dire? Non, ça ne marchait pas…(rires)

Quel est ton rêve le plus fou après New-York?

Je ne sais pas si c’est un rêve si fou car il est tout à fait réalisable, mais ce serait d’acheter une île.
Il n’y aurait pas beaucoup de monde et ça serait mon petit refuge, j’aimerais pouvoir y inviter les personnes qui me sont vraiment chères, et donner des concerts privés. Y fonder une famille aussi, pourquoi pas?

Tu soutiens une organisation humanitaire nommée ‘All as One’, peux-tu nous en parler?

C’est une association active au Sierra Leone qui soutient les enfants, orphelins et victimes de la guerre civile qui a duré 10 ans. Cette organisation me tient à coeur et je suis tombée sous le charme des enfants, sachant aussi que j’aurai pu me retrouver dans les mêmes conditions précaires. J’ai décidé d’organiser un concert en Novembre dernier pour récolter des fonds et je compte en faire d’autres dans le futur. Ils ont beaucoup apprécié mon geste et j’ai un contact très sincère avec les enfants.

La guerre est aujourd’hui terminée, et les jeunes ont beaucoup de motivation pour reconstruire le pays, avec une véritable envie d’étudier et de devenir entrepreneurs pour certains. Ils vont toujours de l’avant, c’est incroyable et admirable!

 

Merci beaucoup pour cette conversation Azania, et très bonne continuation!

 

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