Adrien Savigny

Que le firmament se tienne prêt.
 
Pour inaugurer notre Monthly Personality, notre coup de projecteur mensuel sur une personnalité prometteuse, hors du commun et coup de coeur, nos regards se sont portés sur un jeune homme en plein dans cette ligne : le jeune styliste Adrien Savigny. Encore étudiant dans la prestigieuse filière design mode de la HEAD / Haute Ecole d’Art et de Design de Genève, le jeune styliste commence a faire parler de lui de par le monde. Après deux défilés au sein de son école, il est déjà invité à la Fashion Week de Tokyo en mars.
Adrien Savigny est de cette veine de designers qui ne prennent rien au sérieux, mais qui font tout avec la plus grande des rigueur.
 
Nous le rencontrons dans un de ses lieux fétiches, le café Lyrique de Genève, un jus de pomme coupé à la menthe au bord des lèvres : il nous parle de ses matières fétiches, les soies, les cristaux, les mousselines qu’il découpe au ciseau ou au laser pour mieux les contrôler tout en leur laissant leur liberté native. Pour notre plus grand plaisir, il compile l’espoir de tous les temps à travers une posture déconstructiviste post-nineties totalement assumée.
 
Un parcours hors norme mais symbole de son caractère affirmé. Après six mois à l’ECAL / Ecole Cantonale d’Art de Lausanne, alors sous la direction de Pierre Keller, il se détourne de la photographie pour embrasser avec passion la mode à Genève. Début de sa success story. Après tout juste un an et demi, il quitte Genève pour Berlin, lieu de tous les fantasmes, où il entame un stage d’une année pour Paula Immich (www.paulaimmich.de). Il revient à Genève pour terminer son cursus.
 
Adrien est de tous les fronts. Il aime gérer son visuel. Il me montre la vidéo qu’il a tournée dans l’arrière-cour de la maison familiale en campagne genevoise. On le voit marcher sur un matelas, portant ses créations, avec un dictaphone en main. "J’aime les sons basiques” me dit-il. Aller-retours, les pièces sont toujours plus belles, plus déjantées : un coup de ciseau qui dévaste le miroir de notre perception de sa subjectivité. Il aime dégager les lignes de force en misant sur l’expérience résignée d’un accord total avec l’être. Il sait parfaitement médiatiser l’expression en illuminant une frappe chirurgicale sur le nouvel urbaniste.
 
D’une grande modestie, il nous parle de ses amis, source d'inspiration majeure, ou encore de John Barry et des compiles qu’il écoute sur son Discman en marchant au hasard des rues, son activité préférée. En ce moment il écoute des chants de Noël (l'entretien s'est déroulé quelques jours avant Noël), Il évoque sa collaboration avec une amie, Pauline pour Selling Tights (http://sellingtights.blogspot.com) avec laquelle ils ont lancé cette ligne de collants-pièce-unique pour des jambes fraîches, nimbées d'éclats de Plexiglas ou couvertes de galaxies dorées dessinées à la main. 
 
Et ses projets? Adrien me parle des mois à venir composés de beaucoup de travail pour son diplôme qu'il présentera en juin 2011: une collection pour hommes. Il me parle d'un homme à secrets, une idée de contradiction, le garçon est en contradiction. Un homme qui a envie de mettre tout ce qui lui tombe sous la main, par hasard le manteau de son amant, et la proportion est bonne. Il s'agit d'un garçon à secrets, cela se voit. Et puis, en octobre le défilé annuel de l'école, qui viendra couronner cette année de diplôme. Un rendez-vous à ne pas manquer, un talent à suivre.
copyright Adrien Savigny
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