Woodkid, ce génie

Yoann Lemoine est un jeune français ayant réalisé quelques gros clips magnifiques pour des Katy Perry, Lana Del Rey, et autres Rihanna ou Nolwenn Leroy. Il s’agit de clips toujours très soignés avec une direction photographique sans égal qui lui ont valu une belle réputation dans le domaine vidéo et multitude de prix.

Woodkid, c’est son plus gros projet. Yoann Lemoine ne s’arrête pas à la réalisation. Il chante, et il le fait si bien. Une voix grave et vibrante, triste et épique, sensuelle et émouvante. Comment une telle voix peut sortir de ce petit barbu à casquette. La musique qui accompagne ses textes mélancoliques est très mélodique et orchestrale. Il s’inspire de sonorités de fanfares de pays de l’Europe de l’est, et les visuels qu’il diffuse pendant ces shows sont composés de monuments et drapeaux splendides rappelant une certaine impérialité communiste, mais totalement blanchie et se brisant sur elle-même. Brillant.

L’ayant vu à deux reprises, l'une à Montreux, accompagné de la Sinfonietta de Lausanne. L’autre samedi dernier à L’Arena de Genève, accompagné d’un quintet, j’ai la possibilité de parler de ce concert en le comparant un peu au premier.

 

Après le live à Montreux voici comment je me sentais :

«Ensuite départ pour le concert de Woodkid au Stravinsky qui, accompagné de l’orchestre symphonique de Lausanne, nous a fait vivre un moment de pure émotion. Comment ce petit barbu en short arrive à nous transmettre autant de bonnes vibes? Il dédicace une chanson à Claude Nobs, qu’il a rencontré l’année précédente, et lâche une larme pendant ce moment si beau. Iron, et d’autres chansons qui pètent. Une acoustique de Iron à la fin, et les gens sont amoureux. Puis en bis, c’est le public qui commence à chanter la mélodie de la dernière chanson. Lui qui hallucine de ce qui lui arrive, et les instruments recommencent les uns après les autres… Un moment magique comme on en voit peu !»

 

A l’Arena, les émotions étaient aussi là. Mais sans l’effet de surprise. Woodkid nous a à nouveau bluffés avec ces visuels toujours plus impressionnants et inspirants pour le graphiste que je suis, sa voix unique et une instrumentation parfaite. Mais il est clair qu’avoir la moitié du public assis, surplombant la salle, était légèrement calmant. Cela faisait beaucoup de monde ayant de la peine à s’activer lors des moments plus « bounce » pourtant guidés par des percussions envoutantes. Cela dit bien que Iron, Run Boy Run ou autres soient des chansons composées de moments très très dansants en live et sur l’album, le charme de Woodkid est également composé de ces moments musicaux mélancoliques qui scotchent et qui foutent la chair de poule (Big Up Nina). Woodkid a joué Iron et Run Boy Run, justement à la fin, en les mêlant à des parties instrumentales toutes aussi homériques que le reste.

 

Pour parler de la dernière news au sujet de Woodkid et pour clore ce billet, parlons de l’affiche de notre festival préféré. Le Montreux Jazz Festival a dévoilé jeudi l’affiche de l’édition 2014,… designed by Yoann Lemoine. Quelle bonne nouvelle, et quelle émotion ! Le dernier favori de Claude Nobs, qui pleurait en 2013 en chantant une chanson qu’il lui dédicaçait, est placé dans l'histoire des designers d'affiches du mythique Montreux Jazz Festival.

 

Voici l'interview qu'il a donné au Festival, à l'occasion de la sortie de l'affiche:

How did you end up involved in this latest project with the Montreux Jazz Festival?

I met with Mathieu Jaton in Lausanne last October. He asked me to produce the poster for the next edition.

How did you come up with the idea of the poster?

It started with a connection I discovered between technology and the Montreux Jazz Festival. I spent some time with Claude Nobs during my first visit to Montreux, and he told me how the Festival had made the first HD concert recordings, in 1991 with Sting I think. I was really struck by that revelation, as my roots are in the world of the image. Claude Nobs had his eyes on the future: he spoke about the possibility of capturing 3D images, a technology I use in my graphic design work.

One element dominates the image: a trumpet. Why that choice?

Because the trumpet is one of the major symbols of jazz. The poster image was made from a 3D scan and the purposeful alteration of its shape, including bugs and gaps. The process echoes the way I do music and graphic design. I try to understand the digital world that surrounds us and to find in it the sensitive spot, the emotion, or even the human imperfection that is key to the beauty of music, especially jazz. What I really find interesting with this poster is that it is a kind of collision of past and future. It is simultaneously simple, pared down, and futuristic–it’s different from the posters we usually see.

It’s also the first ever 3D poster in the history of the Festival, as well as the first to be pretty much all white. How did you bridge your artistic universe and the world of the Montreux Jazz Festival?

I haven’t really thought about that question. Since the history of the Festival’s posters reflects a great eclecticism and a wide variety of esthetic choices, I felt that anything was possible. Of course, I wanted to keep a strong tie to music, so I went with the theme of the instrument. That worked better for me than evoking more nostalgic themes related to the history of jazz. I wanted to incorporate that into the contemporary, sort of like when, in my music, I bring brasses into a digital soundscape.

 

 

 

 

Merci à Soldout Productions pour le concours, Et bravo aux gagnants :

Amandine Marchand
Mathieu Pierson
Isabel Costa
Estefania Perez

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