Vernissage à la Fabrikaflak : 5 artisans de l’imaginaire s’exposent

Comment l’aventure a-t-elle commencé ? Pendant l'été 2010, Nusse obtient les clés d'un petit atelier, qui lui sert depuis d'antre pour répandre pinceaux et crayons de couleur. Quelques annonces plus tard, quatre autres artistes le rejoignent afin d’enrichir l’atmosphère créative déjà présente. La Fabrikaflak est née.

Il y a donc Nusse, le doyen de l'atelier, illustrateur et dessinateur de bandes dessinées talentueux à l'imaginaire illimité. Son histoire d'amour avec le dessin et la peinture a toujours été là : "on me demande souvent pourquoi j'en suis arrivé à faire ce métier qu'est illustrateur indépendant. Franchement, je ne sais pas. Dessiner m'a toujours rendu heureux, c'est dans ce domaine que je me sens à l'aise." Après avoir étudié la bande dessinée à l'Institut supérieur d'architecture Saint-Luc à Bruxelles, il fréquente la célèbre California Institute of the Arts. Puis, il donne des cours d'anglais, avant de se décider à vivre uniquement de ses pinceaux. S’inspirant de Frank Miller, Franquin ou encore Frazetta, ses dessins sont publiés dans des productions collectives telles que la Fraktory, le RAV'mag ou encore On dit de l'an 2000. Dernièrement, il a illustré un volume de la collection Coffret des Musiciens contée par Mathilda May (éditions Bleu Nuit).

Dans ce vivier de jeunes talents, on retrouve aussi Elisabeth Boude et son univers espiègle inspiré d’illustratrices telles que Margaux Mottin ou encore Pénélope Bagieu. Après des débuts en psychologie, la jeune femme décide de faire de sa passion sa profession et se destine au métier d’illustratrice pour la presse. En attendant, ses projets artistiques l’emmènent autant vers des illustrations pour des applications iPhone, que pour des entreprises privées ou des associations. Travailler dans un atelier qui fourmille d'idées, ça donne aussi des projets collaboratifs comme celui qu’elle a terminé avec Face : Une histoire c’est…, un livre pour enfants sur l'amitié entre une petite théière et un ballon de baudruche.

Le jeune homme dessine d’ailleurs juste derrière sa complice dans l’atelier. Au travers de ses illustrations, on ressent l’influence des mangas japonais – Miyazaki, Atori – et des dessins animés de son enfance. « Après des débuts en tant qu’animateur socioculturel, j’ai vite réalisé que le dessin me manquait. Alors, j’ai suivi des cours au Ceruleum à Lausanne, et me voilà. » Raconte-t-il. En plus de sa collaboration avec Elisabeth Boude, Face verra une autre de ses œuvres éditée début avril, Graine d’étoile, un livre illustré qui s’adresse aux futurs parents. « Là aussi c’est une collaboration, mais cette fois-ci avec un jeune auteur français. Il cherchait un illustrateur pour son ouvrage, et comme le projet me plaisait, je me suis lancé dans l’aventure. »

Dans un autre coin de l’atelier, on trouve City. Artiste polyvalent, tour à tour photographe, peintre, ou encore illustrateur de bande dessinée, ses œuvres rappellent celles de ses modèles, Dave McKean et Ben Templesmith. Habitué des expositions dans des lieux alternatifs, City expose régulièrement ses tableaux et photographies. Il y vend aussi les deux fanzines qu’il publie avec d’autres comparses, Georges et Stinky Town. Ses prochains projets ? « Plutôt du street art. J’ai des projets de fresques pendant des concerts ou encore simplement dans la rue. Il faut juste que je trouve un moyen pour le faire sans embêter les autorités. »

Dernière installée dans l’atelier, Annalya n’a pas hésité une minute à étaler ses « paper toys » (volumes de papier). Inspirés directement des peintres les plus célèbres – Klimt, Munch, ou encore Picasso –, ces personnages immobiles trouvent une nouvelle dimension grâce à la jeune artiste. « J’adore aussi faire de la peinture et des illustrations diverses. On nous dit souvent qu’un artiste devrait avoir une technique de prédilection, mais je n’arrive pas encore à choisir. Tout me plaît. » Confie-t-elle. Et ça lui réussit, car elle s’est déjà vue offrir une proposition par une maison d’édition pour un de ses projets.

Encore dans sa phase de construction identitaire, la Fabrikaflak renferme des artistes qui gagnent à être connus du grand public et qui ne demandent qu’à exposer leurs œuvres au grand jour. C’est ce qu’ils vont faire exceptionnellement ce dimanche 10 avril, de 13h à 19h.

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Submitted by magaly on Thu, 31/03/2011 - 21:49