Un vent mexicain souffle sur les Rencontres d'Arles

Un des événements phares de ces Rencontres est l'exposition consacrée à la légendaire valise mexicaine de Robert Capa, ce don du ciel qui contenait des négatifs de la guerre d’Espagne et qui était considérée comme perdue depuis 1939. Retrouvée en 2007 à Mexico, elle est exposée aujourd’hui pour la première fois en Europe. Cette exposition met à l'honneur les trois petites boîtes de négatifs, qui contenaient plus de 4'500 clichés de Capa mais aussi de Chim (David Seymour) et Gerda Taro. A travers ces photographies, c'est tout un pan de l'histoire qui se dévoile, on découvre ainsi la guerre d’Espagne (1936-1939) d'un oeil nouveau à travers les regards avisés des trois photojournalistes. Portraits, scènes de combat, et images rappelant les effets désastreux de la guerre sur les civils, l'histoire se déroule devant nous.

Autre exposition-regard sur l'histoire est celle dédiée à la révolution mexicain. Cette exposition est le constat de Miguel Ángel Berumen, le commissaire de l’exposition, que la révolution avait toujours été montrée à travers quelques photographies célèbres mais que tout un autre pan de cette révolution, révélée en particulier par les photographies de l’Anglais Jimmy Hare prises à Ciudad Juárez en 1911 n'avaient jamais été présentées au public. Il a ainsi eu l'idée de dresser un pan de l'histoire de la photographie de la révolution, incluant cette fois la plupart des regards qui avaient laissé des traces de cette période historique à travers son livre Mexique : photographie et Révolution* (Lunwerg Editores) et l'exposition présentée à Arles, probablement, l’exposition la plus vaste et la plus complète de photographies de l’époque de la révolution mexicaine à ce jour.

Une autre exposition marquante est celle de Graciela Iturbide, l’une des photographes mexicaines les plus remarquables du paysage contemporain international, au talent impressionnant qui lui a valu récemment le prix Hasselblad, la plus haute distinction photographique au monde. Elle nous interpelle avec ses portaits d’Indiens seris, son regard sur les femmes du Juchitán ou pour son essai fascinant sur les oiseaux, sans oublier ses clichés sur la maison de Frida Kahlo. Nature, tradition, rituel, religion, symbolisme et inspiration surréaliste ne manqueront pas de vous emporter dans son monde poétique et onirique.

Enrique Metinides, autre photographe mexicain, explore quant à lui tous ces moments figés dans le temps à jamais où le monde est frappé de tragédies. 101 Tragédies est un ensemble de photographies et de récits choisis et narrés par Metinides. Il mêle clichés de rues, personnages, tristesse, badauds mais aussi de l’héroïsme des sauveteurs, qu'il classe, stocke, enregistre, un véritable état des lieux du chaos, de la folie, de l'absurdité de la violence de l'homme pour l'homme, auquel chacun est confronté et dont Metinides est le témoin photographique.

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