Tout sur Robert

Il entama «  Un voyage au bout de la nuit » scandaleux, tout en approche atypique, en exubérance géniale. Une mise en scène nous poussant à réfléchir sur la pensée intemporelle de l’auteur.

Puis ce fut l’entrée des retardataires. Accueillis ? Réprimandés ? Tout n’est qu’interprétation et c’est là tout son art. Il avance masqué derrière des montagnes de citations littéraires entrecoupées de faits divers burlesques, de détours politiques ou de diatribes fragmentées pour toujours reprendre là ou il s’était arrêté. Il imite Johnny, Michel Bouquet, le « Beur » du Quartier Latin, se la joue latin lover ou fofolle, danse le disco entre deux alexandrins et quelques vers médiévaux, comme d’autres vont faire leurs courses. Il fascine son auditoire, son charisme déplace les frontières du bienséant et c’est un honneur pour une salle comble de répéter en chœur presque « bêtement » les phrases les plus crues. Drolissime, cynique, il donne corps au Perceval le Gallois d’Eric Rhomer en émaillant Chrétien de Troie et se remémore sa première rencontre avec Roland Barthes, chez lui.

 On boit chacun des mots ou citations qu’il s’approprie, décortique ou transfigure, on aimerait que son bagout de bonimenteur culturel perdure jusqu’au bout de la nuit. Le voyage se termine pourtant, sur un bis, « Le corbeau et le renard » en verlan, sans fausse note, avec la justesse pointilleuse qu’on lui connaît.

 Fait-il œuvre de prosélyte ? Etait-il naturel ou en perpétuelle représentation ? Finalement j’ai l’impression de ne rien savoir sur Robert … non … Fabrice Lucchini.

 Tout sur Robert, avec Fabrice Lucchini, Théâtre Beausobre à Morges.

Topics
Submitted by rosa on Mon, 01/12/2008 - 16:50