Sonorama, épouse-moi

Intimiste: Après le Montreux Jazz, Paléo ou Arenal Sound, on aime se retrouver dans un festival où même si on part en groupes séparés, et sans batterie sur le téléphone, on se retrouve de toute façon au meilleur moment de la soirée.

Authentique: Situé dans la province de Burgos en Espagne, il s’agit d’un festival peu prisé à niveau international. Malgré la venue cette année de Travis et Belle & Sebastian, presque tout le reste de la programmation est espagnole. C’est pourquoi mes amis Julien (rebaptisé Julián), Gaetan (Cayetano) et James (Jaime) se sont sentis les plus exotiques du Sonorama. A l’appel n’ont pas manqué vin rouge-coca (Calimocho), Jamón Serrano, Cerveza, Croquetas, et tout et tout…

Unique: On a rarement vu un tel engouement à un festival par son public. Au Sonorama Ribera, ce n’est pas les groupes qu’on vient voir, c’est le festival lui même.

Viticole: Situé dans la région du délicieux vin rouge Ribera Del Duero. Les midis, des dégustations de vins-apéro sont organisées au village, entre fanfare communale et concerts inédits de Supersubmarina ou Izal.

Gourmet: En Espagne on mange gras, mais on mange bien. La diète méditerranéenne dont nous sommes peu habitués (2 ou 3 kilos de plus sur la balance) nous a fort bien plu. La journée, préférez des menus entre 8 et 13 euros au village d’Aranda de Duero (à Casa Ana, par exemple) où vous pourrez manger sainement et en quantité plus que raisonnable.

Convivial: Au camping, ça ne sert à rien d’y être sans devenir le meilleur ami de ses voisins, ou même de prendre rendez-vous avec les voisins de l’année précédente. Oui, parce que quand on y va une fois, on y retourne. Et vu que le festival reste intimiste, ben on se retrouve avec les mêmes voisins.

Frais: Enfin un camping où il fait bon vivre: température agréable, ombre, bonne odeur de pins.

Il est dur de dresser une liste des concerts qu’on a le plus aimés au Sonorama, cela dit on peut quand même relever des moments musicaux de grande qualité.

Premier soir du festival, fête de bienvenue. L’avantage de cette fête de bienvenue là, c’est qu'elle se passe au camping, sous les pins. Donc après avoir installé les tentes et picolé un peu avec mon équipe de Suisses et mes acolytes espagnols, réunis tous ensemble pour l’occasion, on se rend à la scène du camping et découvre Lorena Alvarez y Su Banda Municipal (en suisse-romand, ça donnerait quelque chose comme : « La Lorène et sa fanfare communale ») et franchement j’ai assez vite été séduit. Tambourins, sonorités espagnoles de fêtes au village, ou quand le « kitch-cato » devient cool. Le groupe parfait pour commencer ce festival espagnol par excellence. Une bonne manière de poser les castagnettes à leur place et de montrer à quel point au Sonorama, on va bien s’amuser. Ensuite, deuxième surprise, mais cette fois pour tout le monde. En effet sur la programmation, il y a écrit « Concert surprise » et on se demande bien qui va monter sur scène après Lorena. Il s’agit d’Izal, groupe alors inconnu pour moi mais qui semble être l’étoile montante du rock indé espagnol cette année, et qui sont déjà prévus le samedi à 14h à la scène du centre du village. Le public est ravi est chante les chansons d’Izal à tue-tête. Le concert fini avec l’habituel « catch-phrase » que les Espagnols crient aux futurs stars qui assurent : « Escenario Principal, Escenario Principal, Escenario Principal ! » (le public demande que le groupe soit invité sur la grande scène l’année suivante) Et je suis d’accord avec le public. La dernière fois que j’ai entendu ça c’est lors de l’un de mes premiers Sonorama, au concert de Supersubmarina, au village. Moment où un lien incassable s’est créé entre le groupe, le festival, et le public. Depuis, grande scène chaque année pour eux, et concerts à chaque fois inoubliables.

Une fête de bienvenue aussi surprenante que ça, ça met de bonne humeur, mais ça met la barre haute. Est-ce que le reste est à la hauteur ? Oui bien sûr.

Dans l’ordre chronologique :

Mucho (ancien membre de The Sunday Drivers) ont présenté leur dernier travail El Apocalipsis Segun Mucho, aux sonorités pop-rock de qualité. En plus d’adorer la cover de leur disque, j’ai été vraiment ravi de ce moment fantastique échangé avec le public. Les membres du groupe avouent sur son blog vouloir revenir chaque année, admettant que ce live au Sonorama restera gravé dans leur mémoire à jamais.

Mendetz Nos Monthly Personality ont présenté un live impressionnant. Cela fait quelques temps qu’on les suit de près et ce live-là était dans les meilleurs qu’on ait vu. Peu avant leur premier concert en terres francophones (Paris), les Mendetz nous ont montré avec ce concert qu’ils étaient largement prêts à conquérir la France puis le monde avec leur musique électronique solide comme un Rock !

Delafé y las Flores Azules, c’est un groupe qui fait du hip-hop joyeux et jovial. Delafé c’est un chauve et Las Flores Azules une jolie chanteuse. Les gens connaissent les refrains par cœur et je me laisse emporter par cette soudaine bonne vibe qui s’empare de la deuxième scène. Une chanson que je reconnais De ti, Sin mi, et que je m’empresse de crier. Un concert réussi, tout le monde est chaud pour aller voir les originaires de Grenade, Lori Meyers sur la grande scène Ribera del Duero. Et là on se trouve en heure de grand affluence, avec des groupes considérés en Espagne comme l’élite de l’indie. Le groupe Lori Meyers fait partie de cette élite nationale. Mi Realidad, Alta Fidelidad, Emborracharme,… Ils nous emmènent dans leur univers en mélangeant leurs chansons phares avec celles de leur dernier album Planilandia. Et les gens adorent et chantent une fois de plus.

Ensuite place aux dynamiques Miss Caffeina, présentant leur dernier album De Polvo y Flores avec leur remarquable chanson MM qui nous prépare à la suite, mais on sent que les gens en profitent pour aller se resservir à boire en attendant Dorian sur la grande scène.

Il faut dire que Dorian, c’est un peu les habitués du Sonorama, et le public vient toujours plein d’énergie pour chanter les chansons les plus connues (Cualquier Otra Parte, La Mañana Herida) ou dans celles du nouvel album on remarque Los Amigos Que Perdi, ou Horas Bajas. Scénographie impeccable, concert réussi, public satisfait. (public toujours satisfait au Sonorama ? Possible).

Le lendemain c’est le concert des originaires de Séville Pony Bravo que je ne veux surtout pas rater. Malgré ma fatigue accumulée depuis le Montreux Jazz Festival, je meurs d’envie de me rendre au festival pour voir ce groupe de rock auquel je peine à coller des étiquettes tellement il me paraît unique. Ce rock avec des touches parfois reggae, rumba, souvent surf rock des années 70 mais en version bien andalouse, ne nous laisse ni Gaetan (Cayetano) ni moi de marbre. On ne s’arrête pas de bouger la tête et les jambes en attendant de retrouver nos deux acolytes Julián et Jaime, pour la fin des aventures.

Si tu changes 2 ou 3 lettres de place et t’en rajoutes quelques unes à SONORAMA, ça donne SUPERSUBMARINA.

Découverts il y a quelques années sur la Plaza del Trigo d’Aranda de Duero, en pleine journée, ils sont toujours revenus sur l’Escenario Principal depuis. Et c’est parce que s’il y a un groupe qui a su créer un lien fort avec le public et l’organisation du festival, c’est bien Supersubmarina. Autre surprise du festival : Supersubmarina qui font une apparition au village, sur la scène qui les accueillait quelques années auparavant pour jouer quelques titres à eux, et mettre le feu avec des covers de Mando Diao et Franz Ferdinand. Magique. Nos voisines de camping d’il y a deux ans (Maria et Pilar) sont amoureuses de Chino, le chanteur. Faut dire que le jeune leader du groupe sait y faire sur scène et ce concert devient le plus suivi de la soirée (du festival ? Bien possible !) Supersubmarina, Ola de Calor, Santacruz,ou Eléctrico au début, sont clairement les moments-phares de ce concert et seront pour moi les dernières chansons avant d’aller se reposer afin de prendre la route pour la Suisse le lendemain d’une manière plus sereine.

Pour conclure ce billet, j’aime ce festival, et je remercie toutes les personnes qui ont contribué à ces moments inoubliables :

Julien, James, Gaetan, Cayetano, Guillermo, Maria, Tuxón, Roberto, Maria y Pilar, los vecinos de La Rioja, Elena y Jose, Marina, Carmen y sus amiguetes, las Duff-girls, la Asociación Ribereña de amigos del pueblo Saharaui y todos los que me olvido.

 

Hasta el año que viene…

Vuestro León.

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