The Social Network, la fin du phénomène Facebook?

J’ai vu le film The Social Network, plutôt un bon film, je le recommande. On ne sait pas très bien à la fin si Zuckerberg est vraiment un sale type qui a trompé son meilleur ami par jalousie et par vengeance, mais le soupçon plane fortement. Peut-être est-ce juste un génie, victime du monde des affaires ? Au final qu’importe si Mark Zuckerberg, dans la réalité, est le bon ou le con, ce qui compte est la réflexion à laquelle nous amène ce film sur le monde des affaires et ses affres.

M. Zuckerberg est le plus jeune milliardaire du monde et tant mieux pour lui. Il est également, probablement,  la plus jeune personne dont la vie ait fait l’objet d’une dramatisation hollywoodienne, de son vivant. Ou faudrait-il dire, le phénomène de société le plus récent qui ait été porté à l'écran. Il y a bien eu cette pièce de propagande, juste après les attentats du 11 septembre 2001, sur les passagers qui auraient détourné l’avion détourné, de manière à ce qu’il ne s’écrase pas sur le Pentagone - mais ceux-là, ne comptent pas, étant décédés au moment du tournage. Quant à Bill Gates et Steve Jobs, ont-ils seulement déjà eu droit à un biopic ? et bien oui, Pirates of Silicon Valley. Mais les deux avaient au moins 35 ans à la sortie du film, or Zuckerberg n'en avait que 26...Qu’est-ce que cela fait d’être la plus jeune personne biopiquée au monde ?

La question se pose également de savoir ce qui a pu motiver quelqu’un à faire un film sur un phénomène de société qui n’est pas encore achevé ? Peut-être justement que la partie intéressante de l’histoire de Facebook est passée : la partie où « on ne sait pas ce que c’est et ce que ça peut devenir ». Cette partie de l'histoire de Facebook où il était contraire à l’esprit même de la chose de penser à des considérations aussi communes que la monétisation et où il était impensable de s’abaisser à des comportements aussi vils que les deals publicitaires. Cette époque où l’entreprise était l’excitante ruée vers l’inconnu d’une poignée de geeks visionnaires. Désormais, on sait très bien ce qu’est ce « réseau social » : une typique corporation américaine, avec ses avocats, ses managers et ses procès. Dans les termes du Sean Parker fictionnalisé, la fête est finie. Les publicitaires ont débarqué, on pense bourse, on fait de l’argent, nil nove sub sole, le phénomène est déjà vieux. Il était temps de faire un film.

Bien sûr, l’immense valeur actuelle de la marque Facebook n’est pas innocente dans la précocité de cette mise en pellicule. Possiblement, il n’y avait pas de meilleur moment pour faire ce film, car on est peut-être à l’apogée de la popularité de la chose. On remarque déjà un type de déclin: il y a actuellement de petites vaguelettes de désinscription, un certain fléchissement dans l’amour général, des interrogations sur les pratiques commerciales, bref il se pourrait que la marque devienne petit à petit moins porteuse. À remarquer que, conséquence géniale du fait de l’avoir sorti si tôt, tous les futurs développements intéressants, s’il y en a, pourront faire l’objet de suites - Social Network II, Where Has the 'Social' Gone?, Social Again.

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Submitted by Titus on Sun, 27/02/2011 - 05:59