RoboCop

Nous sommes en 2014. Le réalisateur brésilien José Padilha (Ours d’Or 2008 pour Elite Squad) nous présente sa version de RoboCop et sa vision d’un Detroit en 2028. Paul Verhoeven, directeur du film original, nous offrit en 1987 sa vision d’un futur en 2014. Il est intéressant de comparer la vision en 1987 de notre présent, mais aujourd’hui il nous semble concevable que dans quatorze années la technologie aura atteint un seuil décrit dans le film. Verhoeven se donna lui vingt-sept années pour que la réalité rattrape sa fiction. Cette évolution de plus en plus rapide de notre planète est visible dans l’intégralité de RoboCop cuvée 2014, car tout est plus vif, plus intense, plus complexe et plus grand que le monde et le cinéma ne l’étaient 1987.

 

Une fois le travail mental effectué de visionner ce film à part et ne pas constamment le comparer à son prédécesseur, nous avons affaire à une œuvre cinématographique d’actualité, au thème omniprésent de l’avancement de la science, en l’occurrence des prothèses médicales, qui diluent graduellement la séparation entre homme et machine. Loin d’être de la pure science fiction (voir les liens du Massachusetts Institute of Technology Media Lab plus bas), le film pose la question difficile à répondre – jusqu’à quel point peut-on faire confiance aux machines? Certes, le film ne parle pas d’un scénario apocalyptique de la verve des Terminator. Cependant, des robots construisent aujourd’hui nos voitures, par exemple, dans des usines et chaînes d’assemblage, mais ferait-on confiance à une machine programmée pour résoudre des conflits militaires et protéger les citoyens? C’est là tout le panache de ce film, car toute machine disposant d’un programme informatique suivra sans hésiter les ordres donnés, mais un être humain, avec son libre arbitre, hésitera toujours. Et à plusieurs reprises, Alex Murphy, un policier juste et droit qui deviendra RoboCop après un attentat, sera empêché par sa programmation de faire ce qui est juste. OmniCorp, l’entreprise derrière RoboCop, veut supprimer ce libre arbitre pour ne laisser qu’un robot manipulable au visage humain (un androïde en somme). Néanmoins, il y aura toujours l’être humain au centre le long du film, avec ses pensées et ses souvenirs, ses relations et ses désirs, qui nous rappellera ce que c’est d’être humain: à savoir ressentir des émotions et être libre de ses actions, pour le meilleur et pour le pire.

 
Les acteurs sont splendides, avec les meilleures performances à mettre aux actifs de Michael Keaton et de Jackie Earle Haley (Watchmen), respectivement PDG opportuniste de OmniCorp et responsable militaire hardi d’OmniCorp. Joel Kinnaman (série The Killing) joue d’une manière convaincante le rôle du policier intègre qui lancera surement sa carrière au grand écran. Gary Oldman, que l’on ne présente plus, est charismatique dans son rôle de scientifique dont la phobie que son noble travail soit détourné alimente ses actions. Abbie Cornish (Limitless) est quant à elle probante dans son rôle, et même Samuel L. Jackson, avec ses brèves apparitions nationalistes de présentateur TV (et un classique mother****** à la fin), ajoute de la valeur au film.
 
Dès que l’on se plonge dans la réalité du film, nous retrouvons un scénario intriguant malgré quelques incohérences visibles, des scènes d’actions immersives mettant en exergue la qualité du montage et des effets visuels et, compte tenu de l’évolution exponentielle que suivent la technologie et l’art du cinéma, nous sommes ici en présence d’un film correct.
 
 
Noté : 3.5 / 5
 
 
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Bande Annonce
 

 

Casting
 
Joel Kinnaman
Gary Oldman
Michael Keaton
Abbie Cornish
Jackie Earle Haley
Marianne Jean-Baptiste
Zach Grenier
Samuel L. Jackson
 
 
Détails
 
Date de sortie en Suisse: 05.02.2014
Directeur: José Padilha
Pays de production: Etats-Unis
Durée du film: 118 minutes
Genre: Action / Science-Fiction / Policier
 
 
(Images droits réservés)
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