Pygmalion, la comédie de Bernard Shaw ouvre la nouvelle saison du Théâtre de Carouge

Londres, un soir de pluie d’été. À la sortie de Covent Garden, la jeune Eliza vend des fleurs à la sauvette. Elle ne se sait pas encore observée par le professeur de phonétique Henry Higgins, qui note scrupuleusement le sabir de la souillon. À la suite d’un pari, il va tenter de la façonner afin qu’elle gravisse un à un les échelons de la société. Mais à quel prix?

 

Peut-on transformer une vendeuse de fleurs en lady? C’est le pari que se lance Henry Higgins, célibataire endurci et misogyne, en décidant de transformer Eliza Doolittle, jeune vendeuse de fleurs, en duchesse. Grâce à une meilleure prononciation et de plus belles manières, Higgins pense en faire une «dame de la société ». La transformation opérée, impossible de revenir en arrière. Alors on se met à envier les pouilleux, à regretter sa liberté passée, misérable et sans bonheur. Pamphlet révolutionnaire, satire irrésistible, Pygmalion met en garde: à vouloir jouer les dieux, plus d’un s’est brûlé les ailes.

 

Le visionnaire Bernard Shaw a écrit cette pièce en 1912 dans une écriture déjà cinématographique et avec un humour irrésistible. Né à Dublin en 1856, tout comme Oscar Wilde, ce romancier, critique littéraire et musical, c’est fait connaître au théâtre puis au cinéma. Bernard Shaw est le seul dramaturge a avoir reçu le prix Nobel de la littérature en 1925 et un Oscar en 1939. Il refusera tous les autres prix et honneurs. Et c’est l’Angleterre qu’il choisit pour créer son oeuvre Pygmalion, qui restera son plus grand succès théâtrale et soulèvera de nombreuses polémiques avant d’être reprise au cinéma en 1938 et de devenir à Broadway l’inoubliable My Fair Lady. 

 

Jean Liermier, qui dirige le Théâtre de Carouge depuis 2008, a choisi cette délicieuse satire pour démarrer la nouvelle saison du Théâtre de Carouge - Atelier de Genève. La pièce est mise en scène par Raoul Pasteur, directeur du Théâtre des Amis, qui a par ailleurs co-produit la pièce. 

 

Mélanie Olivia Bauer, interprète Eliza Doolittle à merveille et le casting est complété par Vincent Aubert, Claudine Berthet, Josette Chanel, Thierry Jorand, Véronique Revaz, Nicolas Rinuy, Christian Robert-Charrue, Marie Ruchat et Joakim Tutt. Les comédiens ont su retransmettre avec brio toute la finesse psychologique de la pièce de Shaw. Très beau décor mais dommage pour le peu de visibilité dû à la jauge réduite sur la scène de la salle François-Simon. Il faut venir tôt et essayer de s’assoir devant. Durée: 2h

 

Une discussion autour du spectacle avec les comédiens « Bord de scène » aura lieu mercredi 5 octobre à l’issue de la représentation.

 

Une visite commentée par Thierry Jorand et Isabelle Burkhalter sur le thème de l’artiste, le modèle et la création aura lieu au Musée d’Art et d’Histoire le dimanche 9 octobre.

 

Enfin, une rencontre avec Anne Sinclair, en partenariat avec la Société de Lecture aura lieu lundi 10 octobre à 20h (réservation: secretariat@societe-de-lecture.ch)

 

Théâtre de Carouge 

Du 13 septembre au 16 octobre 2016

Ma. je. et sa. à 19h00

Me. et ve. à 20h00

Di. à 17h00

Relâche le lundi

 

Tali Cavaleri

Article par Anonymous (not verified)