Pompeii

En suivant le modèle des derniers films de Paul Anderson, à savoir deux chapitres de Resident Evil en 2010 et 2012 et The Three Musketeers en 2011, on pouvait se faire une idée du ce qu’allait être Pompeii: un péplum aux visuels éblouissants avec un jeu d’acteur limité et une histoire décevante.

 
Regrettablement, cette notion est validée pendant la majorité du film. 
 
Très tôt, on remarque que le film peine à décoller et qu’une part conséquente du récit se veut un ersatz du Gladiator de Ridley Scott. Nous sommes en présence d’un esclave qui devint gladiateur, interprété par Kit Harrington (série Game of Thrones) nommé Milo (dérivé de « soldat » en latin) et surnommé « Le Celte » (et non « l’Espagnol »), qui forge une amitié avec un gladiateur africain, incarné par Adewale Akinnuoye-Agbaje (série Lost), pour lutter contre le despotisme d’un tyran romain dénommé Corvus, joué par Kiefer Sutherland. Je vous laisserai en trouver autant que vous pouvez.
 
Sans tenir compte de ce fait, et selon les dires d’Anderson, le film raconte l’histoire d’une des pires catastrophes naturelles à frapper la planète, à savoir l’éruption volcanique du Vésuve en 79 de notre ère, et propose « des scènes de combat de gladiateurs sensationnelles […] ponctué par de grands moments d’émotion et d’une fabuleuse histoire d’amour ».
 
Cette histoire d’amour est complétée par la jeune Emily Browning (Sleeping Beauty de Julia Leigh) dans le rôle de Cassia, promise par ses parents au personnage de Sutherland. Mais cette histoire d’amour et les émotions dont nous parle Anderson sont autant fragiles et éphémères que les cendres du Vésuve, tandis que les scènes de combat sont souvent décevantes.
 
Les acteurs sont moyens, aucune performance ne valant une mention spéciale, si ce n’est qu’on pouvait s’attendre à mieux de Kiefer Sutherland. Kit Harrington est probablement prêt à faire la transition au cinéma et je serai intéressé de le voir dans autre genre.
 
Les décors et costumes sont impressionnants, les effets visuels le sont tout autant et la 3D produit un tout séduisant au niveau optique, de plus avec une utilisation limitée d’effets infographiques pour la majorité des scènes. La véracité historique et le soin du détail sont louables, étant donné que l’équipe de production a passé six années à effectuer des recherches et à créer les scènes dans les studios.
 
Le scénario en soi tient à peine la route. En effet, l’histoire semblait intéressement arrangée jusqu’au moment fatidique de l’éruption, qui en l’occurrence fut un grand moment Deus Ex Machina sauvant la situation. Après l’éruption, on sombre quasiment dans la farce. Car malgré les secousses sismiques intenses, un tsunami, les multiples éruptions, jets de cendres, magma, pierres, la visibilité nulle, l’air quasi-irrespirable et une énergie thermique dégagée cent mille fois supérieure à la bombe d’Hiroshima (tous des éléments véridiques!), nous avons droit à des courses poursuites en chars, des dialogues passionnés et d’âpres combats singuliers.
 
Le film vous récréera-t-il? Possiblement. Mais, ayant visité les ruines d’Herculanum (une des nombreuses villes détruites par le cataclysme) et vu les moulages poignants des décédés, je fus inlassablement frustré par l’opportunité gâchée autour d’un thème autant épique.
 
Noté : 2.5 / 5
 
 
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Bande Annonce
 
 
 
Casting
 
Kit Harington
Emily Browning
Kiefer Sutherland
Adewale Akinnuoye-Agbaje
Sasha Roiz
Jared Harris
Carrie-Anne Moss
Jessica Lucas
Joe Pingue
 
 
Détails
 
Date de sortie en Suisse: 19.02.2014
Directeur: Paul W. S. Anderson
Pays de production: Etats-Unis
Durée du film: 104 minutes
Genre: Action / Aventure / Drame
 
 
(Images droits réservés)
 
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