Photo London 2017

Du 18 au 21 mai 2017, Photo London a tenu sa troisième édition à Somerset House à Londres. Accueillant 87 galeries issues de 17 pays différents, Photo London a présenté du travail de photographes reconnus ainsi que des nouveaux talents et de nouvelles œuvres réalisées par des artistes reconnus, soit un regard sur le passé, le présent et l’avenir de la photographie.

Citons dans nos coups de coeur de la foire les photographies intemporelles et mystérieuses de BAE Bien-U, le métro réaliste et intriguant de Michael Wolf dans Tokyo Compression ou les images de mer puissantes de Nadav Kander.

Superbe accrochage chez Gallery Taik Persons avec des oeuvres de plusieurs artistes finlandais à suivre, tels que Santeri Tuori, Jaakko Kahilaniemi, Nelli Palomäki ou encore Riitta Päiväläinen. Tantôt la nature s'impose avec force dans des compositions abstraites et sous-tendues par une réflexion sur le rôle de la forêt chez Kahilaniemi, tantôt les enfants se présentent devant nous de façon intemporelle sous l'appareil de Palomäki pour un échange sur la question de notre permanence et de la mortalité.

Relevons aussi une série de Guy Bourdin présentée chez Louise Alexander Gallery. Beauté des clichés en noir et blanc avec une omniprésence de la composition graphique, visible dans le cadrage, les lignes et les éléments qui structurent chaque image et une élégance de la prise de vue de ses modèles. On y découvre un Guy Bourdin précurseur, malicieux et talentueux.  !

Parmi les projets spéciaux de cette édition, on a eu le plaisir de voir une sélection de photographies tirées des collections de Magnum Photos en hommage au 70e anniversaire de l'agence. Martin Parr et le photographe David Hurn ont sélectionné un ensemble d’œuvres issues de la collection compilée par Hurn au cours de six décennies en procédant à une série d’échanges avec des collègues photographes. Des images clés retraçant la brillante carrière d’Hurn se retrouvent juxtaposées à des photographies provenant de photographes avec lesquels il a échangé certaines œuvres, notamment Bill Brandt, Bruce Davidson ou Sergio Larrain.

La photographie de mode a aussi pris ses aises avec un projet de William Klein qui a investi le Pavillon avec une nouvelle peinture murale d’une longueur de 18 mètres. Présenté en association avec HackelBury Fine Art, le projet de Klein associe des photos inédites des années 50 et 60 retraçant le monde de la mode et de la rue et comportant des motifs abstraits.

Au sous-sol de la foire, Juergen Teller présentait une exposition spéciale dans le Great Arch Hall de Somerset House. L'occasion de voir le travail de Teller entre travail artistique et travail de commande commerciale avec un aperçu de campagnes de mode très médiatisées pour des marques comme Céline, Louis Vuitton, Marc Jacobs et Vivienne Westwood. Teller a publié depuis 1996 quarante-et-un manuels artistiques et catalogues d’exposition qui brouillent les frontières entre ses œuvres professionnelles et personnelles.

Autre projet intéressant était celui de l'artiste britannique Mat Collishaw qui offrait une œuvre inédite avec Thresholds, une installation qui plonge le visiteur en 1839, à la naissance de la photographie dans une exposition d'Henry Fox Talbot. L'exposition avait bien existé. Le bâtiment a été détruit depuis et tout a été recréé en 3D grâce à des documents d’époque. Le spectateur entre ainsi dans une école  de l’époque victorienne muni d’un casque de vision à 360° et d’écouteurs. Un fantastique voyage en pleine révolution industrielle. Après les 6 minutes de voyage, une seule envie, repartir dans cet autre temps. Magique!

 

Julie Wynne

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Submitted by julie on Thu, 25/05/2017 - 21:28