Nymphomaniac | Volume 2

En étant sorti de la salle après le premier volume, je ne voulais qu’une chose : voir le second volume ! Lars Von Trier avait réussi à me transporter dans son histoire lugubre et érotique à souhait, avec beaucoup de justesse et d’inspiration. L’impatience était de mise.

Tout d’abord, je me réjouissais de voir Charlotte Gainsbourg lâcher sa « voix off » pour rentrer dans ce film. Beaucoup de choses m’intriguaient dans ce premier volume, comme la personnalité de Seligman (Stellan Skarsgard). Très cultivé mais ne laissant filtrer que peu d’informations sur son vécu. Voilà, plusieurs choses qui manquaient à cette odyssée passionnante.

Le cinéaste reprend son œuvre là où elle s’arrêtait brutalement. Les échanges entre Joe et Seligman sont de plus en plus intenses. J’essayais d’écouter avec attention les conversations qui, des fois (oui, j’avoue), me dépassaient. Dans ce climat très neutre et mélancolique, le film s’emballait avec une bonne dose de culture et de scènes bien « hard ».

Je trouvais l’atmosphère bien plus « glauque » que durant le premier volet. Joe continuant à parler de la mauvaise personne qu’elle était, je sentais Seligman bien plus désorienté par le récit de Joe que dans la première partie. Le jeu de Skarsgard étant excellent, Il montrait beaucoup plus d’émotions, comme si son personnage se trouvait face à un dilemme ou un conflit intellectuel et existentiel. Une remise en question sur son existence qui va lui ouvrir les yeux. Seligman va se trouver confronter à une sorte de labyrinthe provoqué par une simple réflexion. C’est là qu’on va commencer à connaitre une partie de l’existence de notre bon samaritain.

Les confessions de Joe vont faire naître un personnage SM joué par un Jamie Bell complètement taré mais magistral. Joe va donc se faire punir pour soigner la mauvaise personne qu’elle est persuadée d’être. J’ai été assez secoué par la violence des scènes.

« Nymphomaniac : Volume 2 » est très bon, il suit la lignée du premier, avec moins d’intensité par contre avec plus de sentiments et de tristesse. Toujours aussi bien ficelée, l’œuvre de Lars Von Trier donne lieu à des moments choquants et gênants. C’est l’histoire qui le veut, n’oublions pas que c’est l’histoire d’une nymphomane sous tous ses aspects. Mais la mélancolie et le « mal-être » qui transpire dans ce film ne peut que vous faire oublier les moments « difficiles ». Cette aventure nymphomane et romanesque pousse à la réflexion, à la fois stérile et pesante, le réalisateur danois prouve une nouvelle fois avec son œuvre qu’il fait partie des génies de son temps.

 

Article sur le premier volume : ici

 

Sortie : 29 janvier 2014

 

Citations

« Lars Von Trier pourrait bien avoir signé un de ses films les plus personnels, les plus terminaux, les plus mal aimables aussi. »

TF1

« Lars Von Trier, ce maudit génie »

Marianne

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