Le MC du marathon de la danse

On se connait depuis un petit moment, alors on prend des nouvelles de l’un de l’autre, de la famille. Ca fait 10 ans qu’on ne s’est pas vu et pourtant on habite les deux à Genève... C’est aussi ça le festival Antigel, ça rassemble les fous de cette ville, qui se réveillent avant le printemps sous un ciel bas avec l’espoir du printemps et l’envie de combattre le frimas hivernal.

Avant de parler d’Antigel qu’elle est ton actu en dehors du festival?
Je viens de jouer la pièce “Patria Grande” à la Grange de Dorigny. C’est une création de notre Cie les Associés de l’Ombre autour de l’enlèvement d’Ingrid Bétancourt. Après l’avoir joué 3 semaines au Théâtre St Gervais en Décembre dernier, on l’a joué à Lausanne fin janvier.

Comment es-tu arrivé dans l’aventure Antigel?
C’est assez marrant, car ça vient d’assez loin finalement. Avec Thuy-San et Eric on s’est rencontré à la Bâtie il y a 3 ou 4 ans, on se connaissait un peu mais sans plus. Parallèlement en octobre 2011, j’ai travaillé pour la Fureur de Lire, qui en s’inspirant des Nuits Blanches parisiennes et bruxelloises, ont décidé de développer un concept de spectacle itinérant sur le thème du Polar. Ils voulaient entraîner le public de nuit dans différents lieux de Genève au travers de performances, de lectures ou de jeux. Il fallait aussi maintenir le suspense en ne dévoilant pas le programme et tout ça au mois d’octobre de 23h à 7h du matin!

Comment tu t’y es pris?
J’ai crée un personnage issu de l’univers du polar. J’étais un privé, une sorte d’ancien flic aux méthodes peu orthodoxes. Comme il me fallait relancer l’énergie pour garder les gens entre les lieux, j’ai dû faire alliance avec le public et être à son écoute. Evidemment c’est aussi un travail qui demande beaucoup d’improvisation.

Ca c’est super bien passé, même si j’avais pas mal les foies! Mais au final, c’était une super expérience. A tel point qu’il y a une fille qui a raconté à Thuy-Sanqu’elle avait vu un type assez drôle, complètement dingue lors de cet événement; et lorsque Thuy-Sana eu l’idée du marathon, elle a pensé à moi. Elle cherchait aussi un acteur, une sorte de personnage, quelqu’un pour animer le marathon toute la nuit. Et moi comme un abruti j’ai dit oui, au lieu de dire non. Mais faut dire que Tusahn est une fille sympathique! (rire)

Et comment gères-tu du coup?
C’est très marrant parce que j’adore les défis et en même temps je me dis au fond de moi que “jamais je ferais un truc pareil”. Parce que t’as plein de jeux différents, t’as le jeu de théâtre, de cinéma, la performance; et là, la performance est à la fois sur la longueur (et pas que pour moi) mais aussi dans l’impro. T’as plein d’acteurs qui ne le feraient pas, moi par exemple! Et puis quand tu es au pied du mur, si tu as dit “oui”, tu ne peux que monter dans le train et y aller.

Donc là ça y est, t’es dans le train?
Oui et je me réjouis de le faire, même si lorsque j’ai vu mon nom dans le programme j’ai la pression qui a nettement monté d’un cran. Et puis finalement, je réalise qu’on a tous peur, parce que c’est nouveau pour tous le monde, et que c’est aussi notre première collaboration. Au final, on sera quand même une vingtaine de personnes à bosser sur ce projet. Du coup, on prend les risques ensemble. Je me rassure en me disant que je ne suis pas seul, la soirée dépend aussi beaucoup des 2 DJ, des scénographes et surtout des danseurs pro et amateur qui vont danser!

Et tu as créé un personnage pour l’occasion?
J’ai pas vraiment créé de personnage cette fois. Ce sera plutôt une sorte de moi urbain. Je vais raconter des conneries, et sortir mes meilleurs côtés. Etre celui qui aime rencontrer les gens, qui aime rire, etc... Donc ce sera Moi et en même temps c’est déjà un personnage parce que je suis pas tout le temps drôle, il y a des moments où je tire la gueule, des moments où je râle ou je pense à faire mes course etc, mais là je vais essayé de donner du “David Valère” avec tout ce qu’on trouve drôle chez moi. Plutôt que de créer un personnage, je vais essayer d’enlever en moi tout ce qui n’est pas intéressant pour le public.

Et le festival en tant que tel, qu'en penses-tu?
A dire vrai je ne l’ai pas vu l’an passé, mais je n’en ai entendu que du bien. Je trouve que c’est génial d’y être associé cette année. C’est d’autant plus cool qu’ils m’aient proposé d’y participer! Alors qu’il y a plein gens de talents à Genève, il y a plein de gens qui pourraient faire ce que je fais. Ils ne le feraient pas comme moi, mais ils pourraient parfaitement le faire.

Tu penses à qui?
Je pense par exemple à Natasha Sapey, qui s’occupe des relations presse pour le Festival, je la verrais bien faire ce genre de chose. Parce qu’elle a aussi un personnage burlesque, elle a de l'entregent, du talent pour l’impro et elle est drôle. Mais maintenant qu’ils m’ont demandé et que j’ai dit oui, j’ai pas envie de les décevoir. Je trouve que c’est très important de répondre présent pour les gens qui t’engagent.

Le mot de la fin?
Si je devais définir le festival Antigel en seul mot ce serait “oser”. Ce sont des gens qui osent faire des trucs de fou, avec cette touche d’insolite qui nous fait redécouvrir la ville de Genève. Ca doit être pour ça que j’ai dit oui...

Merci David et à bientôt dans la salle de bal...

Topics
Submitted by sandbp on Fri, 03/02/2012 - 00:30