La Stratégie Ender

En l’an de grâce 2086, une race extra-terrestre  appelée « doryphores » attaqua la terre. Quand tout semblait perdu, un pilote du nom de Mazer Rackham (Ben Kingsley) parvint à anéantir les forces ennemies grâce à une attaque kamikaze sur leur vaisseau mère. Sentant qu’il valait mieux prévenir que guérir, le gouvernement mondial en place décida qu’il serait judicieux de conditionner des enfants à l’art de la guerre avec bon nombre de "jeux éducatifs", dans l’espoir de trouver "l’élu": celui qui serait suffisamment malin pour faire déjouer les envahisseurs et les frapper là où ça fait mal. Parce que dans soixante-treize ans, on ne fera plus confiance aux adultes pour faire la guerre.

2013 a été plus ou moins décevant en terme de blockbuster de science-fiction. On avait  tour à tour eu droit au pire « After Earth » au n’importe quoi « Pacific Rim », que j’adore secrètement  et au je-préfère-son-premier-film « Elysium ». Aussi, quand j’eu vent de l’adaptation de la saga best-seller « La stratégie Ender » et de son casting impressionnant  (Harrison Ford, Viola Davis, Ben Kingsley) mon petit cœur de fanboy ne put s’empêcher de battre la chamade. Le nom du réalisateur, Gavin Hood (X-Men : Wolverine Origins) aurait cependant dû calmer mes ardeurs. Mais voyez-vous, le cœur a ses raisons que la raison ignore.

Adapter un roman est un exercice de style périlleux sur lequel beaucoup avant Gavin Hood se sont cassé les dents. Comment contenter une « fanbase » qui vous attend au tournant avec fourches et torches, tout en respectant les 1-2h de film avant que le spectateur lambda commence à ressentir des crampes ? Malheureusement, La Stratégie Ender est un film qui traite énormément de sujets d’actualité avec la subtilité d'une pelleteuse : enfants soldats, harcèlement scolaire, génocide, utilisation de drones dans les conflits armés, la place de l'individu dans une dicature militaire. Et si la fin justifie-t-elle les moyens? Oui, tout ça à la fois mais il faut bien creuser...

Car sous les couches de clichés comme "les hommes sont impulsifs, les femmes compatissantes", les personnages stéréotypés, les adultes qui n’ont aucun problème moral à encourager l’usage de la violence et les trop rares personnages féminins (j’en ai compté quatre) se cache un film à la photographie somptueuse et aux effets spéciaux réussis. Notons au passage que Asa Butterfield (Ender) est pour le moins convainquant dans son rôle de miquelet pistonné.

S’agissant du reste du casting, acteurs oscarisés/nominés compris (oh ils sont nombreux), ils sont interchangeables, voir totalement perdus (surtout Viola Davis). Les plus jeunes sont des anonymes qui certainement le resteront. Cependant, j’ai moins de doutes concernant Hailee Steinfeld, brillante dans True Grit des frères Coen. Quant aux plus vieux, ils utiliseront leur cachet pour régler leur déclaration d’impôt.

Le mot de la fin :

Mal servi par un script boiteux et des personnages stéréotypés, ce qui aurait pu être une énième franchise à la Harry Potter/Twilight/Hunger Games/ {insérer teen movie à succès}, se prend les pieds dans le tapis. Malgré des références très importantes à  "Starship Troopers" avec lequel il partage beaucoup (trop) de similitudes. Une photographie sublime et des effets spéciaux plus qu'honnêtes n’y changeront hélas, pas grand-chose. 

Avec un budget estimé à 110 millions de dollars et un retour estimé à 62 millions (revenus mondiaux compris), ça sent plutôt mauvais pour la/les suites. Il se murmure même que Lionsgate (le studio qui a acquis les droits de la saga) serait plus enclin à développer un show télévisé.

 

 

La Stratégie Ender

 

Pays : USA

Réalisé par : Gavin Hood

Sortie : 6 novembre 2013

Durée : 114 min

Genre: Science-Fiction

 

Acteurs et équipe technique

 

Asa Butterfield

Harrison Ford

Ben Kingsley

Viola Davis

Hailee Steinfeld

Abigail Breslin

 

Musique : Steve Jablonsky

Photographie : Donald McAlpine

Montage : Zach Stäenberg

 

Désolé Ender, mais le kamikaze qui percute un vaisseau alien c'est "so 1996".

 

 

Et Starship Troopers (1997)  racontait déjà une bataille futuriste avec une race d'insectes extra-terrestres.

 

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