La Prenda – FIFDH

« La Prenda » (monnaie d'échange) de Jean-Cosme Delaloye nous plonge dans l'enfer guatémaltèque des femmes et enfants kidnappés, torturés, violés et tués en toute impunité.

Dans ce pays, un enfant est kidnappé chaque jour et il y a environ 4‘000 enlèvements par an. 

Le réalisateur, journaliste de formation et correspondant suisse à New York, est parti au coeur du Guatemala, tout en discrétion, petite caméra en main, pour rencontrer et filmer ces victimes qui, pour la plupart, se taisent terrassées par la peur. Deux ans d'une enquête qui dénonce les lenteurs de la justice et s'élève aussi contre une société qui banalise la violence contre les femme. « Un film journalistique qui donnait vraiment la parole aux gens qui avaient l'histoire » explique JCD lors de la discussion qui a suivi la projection au FIFDH vendredi 11 mars 2016.

C'est surtout grâce à Kelly, la cousine d'une des victime assassinée qui a entamé des études de droit pour réclamer justice et à la fondation Sobrevivientes (Survivants) que ce film existe. Cette fondation cherche a éradiqué la violence contre les femmes, enfants et adolescents, a travers un combat contre l'impunité et un soutien légal pour que les victimes accèdent à cette justice. Une fondation à soutenir et à suivre (sobreviventes.org et sur leur page facebook) !


«Ce film, c'est un peu ma réponse au fait que le journalisme n'allait pas forcément toujours où il fallait aller... je pense que si le cas de Kelly s'était déroulé aux Etats-Unis, il aurait fait la une des médias américains, aurait été repris par des personnes comme moi, qui l'auraient transposé ici en Europe et cela aurait fait le tour du monde». 

Une des protagoniste était présente ce soir à la projection et la discussion lors du Festival International Films Droits Humains. Astrid Macario a été enlevée et violée à l'age de 14 ans. Menacée, elle s'est enfui aux Etats-Unis pour demander asile politique, une très longue procédure qui souvent abouti par l'expulsion, car les demandeurs sont considérés comme des immigrés économiques pas des personnes nécessitant protection. Les larmes aux yeux, elle a encore du mal a parlé de son passé, mais a fait le voyage accompagnée de son enfant et d'une toute petite voix elle nous rappelle que son rêve est de terminer ses études d’avocat pour défendre les victimes comme elle. A noter aussi la présence de l'avocat de Sobrevivientes, Rodolfo Diaz, qui se bat contre cette impunité malgré les menaces. Comme l'a précisé JCD « c'est un film de femmes, mais dans ce film de femmes, il y a un homme qui joue un rôle extraordinaire ».

Un documentaire très poignant et humaniste pour ce jeune réalisateur lausannois. Une fois de plus il montre à quel point le documentaire est important. Grâce à lui, un article important est paru dans un quotidien local. En pointant du doigt ces atrocités, il a permis aux gens d'oser parler de ce problème et de réaliser à quel point la justice guatelmatèque est corrompue.

Déjà projeté a travers le monde depuis un an (Hot Docs, Guadaljara International Film Festival, Mill Valley Film Festival, Thessaloniki Doc Festival, Costa Rica International Film Festival, Enfances dans le Monde Festival...), il sera présenté la semaine prochaine à New York. 

« A stray bullet » le nouveau projet de Jean-Cosme Delaloye (Tipi'mages) vient d'être sélectionné pour la Coproduktion Pitchings lors du Festival du Film International de Guadalajara (FICG) au Mexique, à suivre donc de près !

Pour connaître les prochaines dates de projection, likez la page facebook La Prenda Documentary.

 

 

 

 

 

Submitted by Anonymous (not verified) on Wed, 16/03/2016 - 17:39