Joha' Pellaz, Le dernier fauve ?

Influencé par les Fauves et principalement par Matisse, Joha' Pellaz semble être obsédé par la Femme.

L’artiste genevois puise son inspiration dans l’imagerie médiatique contemporaine; photographies de magazine de mode et images de cinéma notamment servent de modèle à ses créations.

La recherche infinie de formes, l’amour des silhouettes et leurs tracés épurés confèrent à ses dessins une fraîcheur graphique intense. Ses figures féminines sont dressées en quelques lignes, souvent sans tracés préparatoires. Sensuelles et aguicheuses, ses muses s’offrent au regard avec grâce et malice.

1) Pourrais-tu décrire en quelques mots l'univers de Jo'ha Pellaz pour les gens qui ne te connaissent (encore)?

Non, il me serait difficile de définir en quelques mots mon style de travail, par contre les gens qui le connaissent peuvent le reconnaitre en quelques traits. Une meilleure manière de le cerner serait de vous citer quelques artistes qui m'influencent notamment Matisse, Hockney, Shiele, Picasso en ce qui concerne quelques grandes figures de l'histoire de l'art. Mais je suis tout aussi influencé par le graphisme des années 50 et des auteurs de bandes dessinées tels que Chaland, Pratt, Bernet... Quant à l'approche conceptuelle de mon travail, il n'y a pas de restrictions quant au sujet même si toutefois l'érotisme a pris une place prépondérante ces dix dernières années.

2) As-tu suivi une formation ou alors t'es-tu senti une âme d'artiste depuis tout jeune?

Je dessine effectivement depuis toujours. Mes parents ont même conservé une bande dessinée que j'avais réalisée avant même de savoir écrire, mon frère avait rempli les bulles de texte. N'ayant pas de grandes aptitudes scolaires et un manque de concentration, cela est vite devenu une évidence que j'allais suivre une formation artistique. J'ai acquis par la suite le diplôme des Arts décoratifs et des Beaux-Arts de Genève.

3) Quelles sont les techniques que tu utilises? Sur quels support?

Je privilégie des techniques simples de dessin: mine de plomb, craie grasse, stylo-feutre. J'aime aussi beaucoup travailler à l'encre, à l’encre de chine ou colorée. Et pour ce qui est de la peinture, j'aime travailler à l'acrylique, pour sa luminosité de couleur, qui sèche très vite. Je peins entre autres sur des matériaux que je recycle comme les cartons bruns et épais récupérés dans la rue mais aussi sur des toiles et j'ai réalisé il y a quelques années une grande série de peintures sur verre. J'aime travailler en mélangeant des images dessinées à la main et coloriée à la souris via mon Mac.

4) T'arrive-t-il d'utiliser la ville pour t'exprimer?

Pendant mes études aux Beaux-Arts, j'ai réalisé bon nombre d'affiches destinées et collées directement dans la rue. Actuellement cela ne fait pas partie de mes priorités. En revanche, la ville m'influence. J'adore contempler les enseignes de néon, les vitrines de luxe et le chaos des débarras.

5) Comment perçois-tu le monde de l'art à Genève? Est-ce que l'on vit de son art à Genève?

Pour te parler franchement à la fin de mes études aux Beaux-Arts, après une réelle saturation, je me suis complètement déconnecté de la scène artistique genevoise que je trouvais d'une prétention et d'une pauvreté affligeante. C'est même durant cette période que j'ai arrêté de dessiner et commencé à développer ma seconde passion, la musique. J'ai commencé à écrire et chanter mes textes pour essayer de retrouver la spontanéité et la fraîcheur que j'avais perdues dans ma démarche artistique.

Pour ce qui est de vivre de son art à Genève, sans vouloir sembler désabusé ou jaloux des rares personnes qui sont en place, il me semble presque impossible pour un artiste qui n'aurait pas fait ses preuves à l'étranger d'en vivre. La plupart des galeries genevoises, à quelques exceptions près, ne présentent aucun artiste de la région, si ce n'est dans quelques galeries alternatives ou du "siècle passé".

6) On peut découvrir assez régulièrement dans tes oeuvres des corps de femmes nues, tes toiles sont passablement empreintes de sensualité, voire de sexualité. Fais-tu poser? Ou alors est-ce le fruit de ton imagination?

Pour ce qui est du travail sur le vif  ou sur le motif, je ne le fais que dans mes carnets de croquis Moleskine avec mes stylos pinceaux. La plupart de mes peintures « grand format » et dessins sont réalisés d'après des photos. La plupart du temps, elles ne sont qu'un support, une structure, un point de départ. Mon travail de dessin est un travail d'épure, de simplification. Ce n'est souvent pas le détail qui m'intéresse mais bien plus la ligne et les formes globales.

7) A côté de cela, tu es aussi musicien... 

Je ne me considère pas comme un musicien, je n'en ai pas le talent. J'écris mes textes, je trouve des mélodies et j'ai la chance de pouvoir les partager avec de vrais musiciens. Ce qui est intéressant, c'est qu'il me semble que mes recherches artistiques nourrissent ma musique et vice versa.

8) Où peut-on te découvrir prochainement?

La prochaine exposition "Pin-Up" aura lieu le 23 novembre 2012 en duo avec John'C Salansky dans son atelier aux acacias et le 15 décembre 2012 sur scène à l'usine de Genève avec mon groupe Herbalist Crew pour la présentation de notre nouvel album "Vert Guérilla"qui sort en fin décembre 2012.

9) Poursuis-tu d''autres activités artistiques que je ne connais pas? Quelles synergies?

Je réalise de petits montages vidéo au sein du groupe, une activité que je compte bien développer à l'avenir. What else?

10) Des projets?

Je travaille en ce moment jusqu'à très tard le soir en écoutant "Fantaisie militaire" de Bashung sur le fonctionnement d'une machine à voyager dans le temps pour réaliser mon rêve secret d'enregistrer un album avec Jim Morrison, Peter Tosh et John Lennon. 

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Submitted by Garance on Tue, 20/11/2012 - 19:01