Des hommes et des ours

Le Musée de Carouge présente une exposition sobrement baptisée « L’Ours », du 20 avril au 6 septembre 2009. L’événement a lieu dans le cadre du Printemps carougeois dédié cette année au sept pêchés capitaux. L’animal est bien choisi puisqu’il en cumule au moins cinq : luxure, colère, envie, paresse et gourmandise. De grands panneaux illustrés décrivent chaque vice, son origine et ses représentations dans l’imaginaire populaire.

Mais l‘exposition ne s’arrête pas aux pêchés dont le plantigrade est accusé : plusieurs aspects de l’animal sont abordés durant le parcours. Pour accueillir les visiteurs, un authentique ours polaire empaillé se dresse sur ses pattes arrière. Le visiteur peut se rendre compte alors du physique impressionnant de l’animal, il n’a pas été surnommé roi des animaux pour rien. Son physique fascine, il est souvent représenté dans l’art. Plusieurs populations et ethnies, comme les Inuits, vivant de la chasse de l’ours, entretiennent avec lui une relation particulière : à la fois craint et vénéré, il est omniprésent dans l’art local. Plus près de nous, la sculpture sur bois de Brienz a fait de l’animal un symbole avec des objets et meubles en bois venant de cette région suisse. Ces sculptures aujourd’hui démodées et même un peu kitsch ont eu leur heure de gloire au XIXe siècle.

L’ours est aujourd’hui devenu le meilleur ami des tout-petits. Le teddy bear, créé il y a à peine cent ans, est présent dans toutes les chambres d’enfant et s’est ensuite décliné sous toutes les formes : jouets, livres, films ou encore vêtements. Les adultes se passionnent eux aussi pour le nounours avec l’artctophilie (collection d’ours en peluche) qui serait le troisième sujet de collection en Europe après les timbres et les pièces de monnaie ! 

Au Château de Chillon, l’exposition « Histoires d’ours », comme son nom l’indique, s’intéresse à la place de l’ours dans l’histoire suisse : on peut s’y rendre jusqu’au 28 juin.

L’exposition aborde d’abord les liens étroits entre le Château et l’ours. Plusieurs salles du château sont par exemple décorés de représentations de l’animal, symbole du pouvoir des Bernois qui pendant plusieurs années occupaient le château. En effet, après la Maison de Savoie, ce sont les Bernois qui s’y installent, de 1536 à 1798. L’ours, symbole du courage et de la bravoure, s’affiche sur le blason de Berne qui orne d’ailleurs encore une des façades du château.

On découvre aussi l’évolution de la représentation de l’ours à travers les âges. D’abord objet de culte au Moyen-Âge, il est alors considéré comme le roi des animaux en Europe. Mais rapidement l’Eglise, qui souhaite éradiquer les cultes païens, le diabolise. Il est alors ridiculisé, accusé de tous les vices.

Pour l’anecdote, le Château de Chillon a fait appel à l’ancien conseiller fédéral Samuel Schmid pour compléter ses collections : les amateurs d’ours ne sont pas forcément là où on les attend...

Deux expositions familiales donc pour découvrir l’animal et ses mythes.

Topics
Submitted by emilie on Wed, 20/05/2009 - 14:41