Coup d'oeil sur Art Basel 2013

La caverne d'Ali Baba de l'art contemporain nous a ouvert son antre. Les galeries se succèdent, les couloirs se suivent mais ne se ressemblent pas. On ne sait où donner de la tête, mais quel plaisir de se repaître de tant d'oeuvres d'art! Les pieds souffrent de ce long marathon que l'on souhaiterait en même temps ne jamais se terminer pour ne pas sortir de cette bulle artistique foisonnante.

La crise ne semblait pas avoir touché le marché, les gommettes rouges et bleues parsemant les toiles juste quelques heures après l'ouverture de la foire. Les chiffres sont là pour le confirmer:  la vitalité des ventes réalisées a été confirmée par les galeries sur l’ensemble des secteurs du salon durant toute la semaine. Un grand nombre d’exposants ont d'ailleurs évoqué des résultats commerciaux sans précédent lors de la journée d'avant-première qui a marqué l’ouverture du salon. Selon Marc Payot de Hauser & Wirth, "le salon a connu cette année une fréquentation internationale très, très forte, avec la présence massive des plus grands collectionneurs européens. La sélection rigoureuse continue d’expliquer le succès du salon. Les collectionneurs viennent à Bâle dans l’intention d’acheter et nous avons vraiment fait une très bonne semaine en vendant plus de 60 œuvres, dont plusieurs dans le segment de prix à sept chiffres, à de grandes collections de musées ou privées."

Le public était aussi au rendez-vous, la foire ayant attiré un nombre record de 70'000 visiteurs, soit une fréquentation de 86'000 personnes sur les six jours. La manifestation a accueilli des représentants et des délégations de plus de 70 musées du monde, ainsi que des grands collectionneurs privés d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud, d’Europe et d’Asie.

Dans nos favoris de cette édition d'Art Basel, on mentionnera les toiles lacérées de Lucio Fontana, les nus photographiques de Shinichi Maruyama, le tableau en mouvement de Pe Lang, les photographies type Renaissance flamande de Catherine Opie, le tableau de pierres luminescentes de Nabil Nahas ou encore les splendides clichés en noir-blanc d'Arnold Newman.

Art Unlimited

Art Unlimited, placé sous la responsabilité du commissaire Gianni Jetzer, directeur du Swiss Institute de New York, valait le détour offrant des œuvres plus avant-gardistes transcendant le cadre normal d’un stand d’exposition sur un salon d’art. On retrouvait cette année au secteur Unlimited 79 œuvres ambitieuses, présentées dans un espace d’exposition agrandi aménagé dans le hall 1.

Parmi les œuvres maîtresses de ce secteur se trouvaient des créations signées de grands noms tels qu'Ai Weiwei, Martin Creed, Thomas Demand, Theaster Gates, Antony Gormley, Susan Hiller, Walid Raad et Thomas Schütte, ainsi que des œuvres d’artistes émergents dont Esther Kläs, Emil Michael Klein, Oscar Murillo et Amalia Pica.

Seul petit bémol, on regrettait la présence toujours plus grande de projections au détriment d'oeuvres plastiques et sculptures.

Favela Café

Pour accueillir le public, à l'entrée de la foire, on retrouvait sur la Messeplatz un concept génial, un Favela café, créé par l’artiste Tadashi Kawamata. L'installation qui était exposée pendant toute la durée de la foire, se référait à une œuvre précédente de l’artiste intitulée "People’s Garden" de 1992, qui avait été exposée à la Documenta IX.

Favela Café était composé de 18 baraquements regroupés sur l’espace entourant la fontaine de la Messeplatz, reliés par des passerelles et comprenant du mobilier ainsi que des cafés et des bars à l'attention des visiteurs du salon et du public. Un super espace convivial qui offrait une plateforme de rêve pour continuer les discussions enflammées sur les oeuvres contemplées et les courants artistiques découverts.

Le projet va désormais avoir une autre vie, maintenant qu'Art Basel est terminé. La foire va céder les éléments physiques de l’installation au projet "Landestelle" de Bâle qui compte les utiliser au cours des cinq prochaines années dans une autre configuration: comme bar et restaurant avec jardin communautaire situé dans la zone portuaire de Bâle.Cette œuvre a été réalisée en collaboration avec l’architecte bâlois Christophe Scheidegger.

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Submitted by julie on Mon, 17/06/2013 - 08:00