Cannabis, criminalité et contrôle

Il y a peu, les journaux nous ont appris que la ville de Bâle se penche sur l’idée de se "substituer directement aux revendeurs" de cannabis. Il s’agit de placer la vente d'herbe sous contrôle d’état. L’avantage dans notre cas serait d’améliorer la prévention et de "casser le marché noir". Il faut soutenir ce genre d'initiative. Chanvre ne doit pas rimer avec criminalité.

Quiconque se balade en ville peut en témoigner, le marché noir existe et persiste, au nez et à la barbe des interdictions. Pour une partie quand même assez importante de la population, il est relativement usuel, du moins pas inenvisageable, d’aller se fournir au marché noir, dans le parc ou le square du moment (le trafic change de lieux, mais pas de visage). Il est actuellement autorisé de cultiver un peu d’herbe, mais sous nos froides latitudes, pour beaucoup, il reste plus pratique d’aller acheter sa fumette que de la produire. Mais pour acheter, il faut entrer dans ce système criminel qu’est le marché noir.

En effet, les gens chez qui on achète à fumer sont les mêmes qui vendent aussi cocaïne, héroïne et compagnie. Les canaux d’acheminement, on suppose, sont identiques – une sorte ou autre de réseaux illégaux. N’en déplaise aux propagateurs de préjugés, les fumeurs de joint ne sont pas des criminels endurcis, et ils n’ont aucune envie particulière de se frotter à ceux-ci. Après tout, sur le marché noir, le consommateur n’a aucune protection. Il est souvent réduit à acheter de la marchandise de mauvaise qualité, à des prix fixés par les trafiquants sans scrupules et sans concurrence. Le tout dans une ambiance lourde et plutôt malsaine.

Le marché noir n’affecte bien sûr pas que les clients. Les citoyens, eux, en souffrent car le trafic défigure leur square préféré et qu’ils ont peur de promener leur chien, la police du temps en interventions quasi inutiles, des immigrants sans autre moyen de subsistance se retrouvent (parfois) à dealer contre leur gré. En fin de compte, les interdictions profitent surtout à la criminalité.

Bien sûr, un monopole d’état présente ses propres risques. Prix trop élevés, restrictions trop arbitraires… Mais au moins les consommateurs et le reste de la société auraient leur mot à dire, ils auraient un certain contrôle, ce qui n’est actuellement pas le cas. La question du contrôle officiel ne devrait d’ailleurs pas s’arrêter au chanvre – mais c’est un premier pas.

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Submitted by Titus on Thu, 09/06/2011 - 15:02