Black Movie: Takeshi, l'insortable

Parmi les 8 thèmes proposés cette année, le  choix se porte sur Takeshi & Takashi, les insortables, et ça sera du 100% Takeshi et du 100% yakuza.

Immersion dans les univers de Takeshi Kitano, à la fois cinéaste, acteur, humoriste, écrivain, et même designer de jeux vidéo - rôle sûrement sans incidence sur ses films, mais drôle à noter, et caractéristique d’un esprit créatif et sans limites.

Outrage, 1er film visionné et le 15e réalisé par Takeshi en 2010, fut paraît-il un véritable outrage au dernier festival de Cannes, suscitant de fortes réactions mitigées du public et des critiques.

Ses fans retrouveront vite sa patte, aisément repérable: un humour sombre, décalé, couplé de scènes violentes et crues. Les premiers plans-séquence du film semblent anodines, inoffensives, un coup d’oeil désintéressé sur le milieu underground des yakuza, comme le grand public les connaît, toujours postés en groupe, avec une hiérarchie précise et des codes de conduite rigides.  Un milieu froid, inaccessible et où il n’est pas de bon ton de n’en faire qu’à sa tête.

Pourtant, Takeshi n’en fera de nouveau qu’à la sienne et l’audience est rapidement précipitée dans son tourbillon, shoot baby shoot, avec des impressions de montagnes russes où certains passages du film soulèvent littéralement le public, criant en coeur: “rrrraaaahhhhhhhh” notamment lors d’une scène mythique chez le dentiste. Sans oublier ses pointes d’humour déjanté, faisant rire la salle aux éclats, avec des personnages marquants aux attitudes paradoxales, et des situations burlesques qui permettent quelques transitions fines dans un monde de brutes. On s’y retrouve ou l’on s’y perd, on aime ou on déteste, une chose est sûre, personne ne peut rester indifférent.

Certains verront Outrage comme un enième film sur les yakuza, sans réelle surprise quant au thème choisi ni à la manière dont Takeshi l’aborde. D’autres seront toujours autant fascinés par son style, et le regard cynique qu’il pose sur cet univers de bandits, écorché à vif et has-been dans un monde où priment l’individualisme et sa propre survie avant celle de la communauté. Peut-être un clin d'oeil à une évolution de la société japonaise au sens large?

Le 2e choix s’est porté sur Boiling Point, ou Jugastu, film au titre évocateur qui nous ramène en 1990 et signe la 2e réalisation de Takeshi sur l’univers des yakuza. Intéressant d’enchainer les 2 oeuvres de manière rétroactive,  comme une opportunité de découvrir la graine avant la plante, les premiers signes d’un humour décalé et d’une agitation intérieure exprimée par des scènes provocantes tant visuellement qu’ émotionnellement.

Le film n’est pas parfait, ne prétend pas l’être, et comme on connaît maintenant l’icône, on peut même apprécier les quelques lenteurs maladroites et les incohérences de scénario.

Kitano a déjà clairement choisit son camp, l’anti-conformisme, et nous laisse libre de choisir le nôtre – comme on aime les expériences fortes chez gimmeda' thing, on a choisi: we like Takeshi Kitano

Topics
Submitted by koloina on Wed, 16/02/2011 - 19:31