Black Movie: Le Petit

Le petit frère du Festival Black Movie élargit l'horizon de sa programmation aux films nordiques. La Finlande, le Danemark et la Suède se faufilent dans les programmes, distillant leur poésie et leurs univers si particuliers.

La sélection du Tour du Monde présente une série de courts-métrages passant du rire aux larmes d’émotions. Martin, 9 ans, nous a accompagné dans ce voyage de 66’mn. Tout à fait indulgent avec les problèmes technique, il retient de cette séance le métissage des styles présentés avec une préférence pour Tigeris, film d’animation lettonnien, retraçant l’histoire d’une maman tigre et de son petit perdus lors du déplacement d’un cirque. En revanche les films russes Auntie Nettle et Eshe raz! l’ont «fatigué parce que ça bougeait tout le temps», difficile de saisir tous les tenants et aboutissants de l’histoire. Pourtant si le scénario du premier n’a pas non plus trouvé grâce à nos yeux, celui du second est une fable un brin fantasque qui dévoile avec délicatesse le fil d’argent unissant un veil homme et sa mémoire.

L’humour, indispensable levier pour se remettre de ses émotions, renverse la figure du loup. Les films hongrois Log Jam et israélien The Wolf and the Moon ont remporté un fort succès. Bref et hilarant, «le loup qui ne sait pas chanter et le chasseur bête comme ses pieds!» ou «l’écureuil qui jette une noix sur le loup pour le faire taire, on a jamais vu ça?!». Le petit à l’abri du danger se permet de manifester son mécontentement au plus fort, tout ça pour le plus grand bonheur de l’assistance, à méditer... 

Enfin la co-production bolivo-danoise Abuela Grillo et le filme suédois I’m round offrent un degré de lecture à tiroir. Les grands pourront difficilement s’empêcher d’associer les méchants loups cravatés, qui exploitent la faiseuse de pluie, au géant Nestlé. De même qu’il leur sera difficile d'écarter le parallèle avec la vie quotidienne dans notre société, tracé par I'm round. Enfermés dans des boîtes, forcés à devenir carré alors que nous sommes peut-être rond ou triangulaire, qui sait? Et pour échapper à cela? Le rêve. Enfin une tendresse toute particulière pour l’art de rester mère juive en toute circonstance, et quelque soit l’âge c’est l’histoire de Late in the night ou la rencontre entre un jeune brigand et une grand mère pas dégonflée.

Martin re-tenterait bien l’expérience d’aller voir des filmes rares au cinéma :«ça me change de ce que j’ai l’habitude de voir, et même si j’aime bien mes dessins animés, je trouve chouette de pouvoir en découvrir de nouveau». La nouveauté serait donc une question de découverte. Et lorsqu’on lui demande s’il a vu une différence entre les pays, il nous répond qu’en dehors des génériques, il lui serait difficile de dire l’origine de chaque film. Après tout, il s’en moque, les histoires n'ont pas de frontières, et ce qui compte c’est d’avoir passé un moment lové dans une salle obscure à vivre des aventures.

Topics
Submitted by sandbp on Sat, 18/02/2012 - 16:24