Black Movie: le Petit!



C'est avec soin que Virginie Bercher recueille les courts et moyens métrages qu'elle programme tout au long de ce festival. Ses sources? Le web, de clic en clic ou les quelques festivals dans lesquels elle arrive à se déplacer. Mais pourquoi donc ce thème de la peur? Dans une société qui veut tout protéger, comment aborder cette question? Et d'abord c'est quoi la peur, Madame?



peur: n. f. émotion ressentie généralement en présence, ou dans la perspective, d'un danger.

C'était donc ça? Quand la lumière s'éteint, quand notre imaginaire nous embarque dans un précipice sans fin et dont on redoute l'atterrissage?  Une sorte de vertige, qui nous attire et nous repousse tout à la fois. Après le temps de la censure, par crainte de faire peur, voila qu'elle se décide à nous faire affronter "Madame ma Peur". Car après tout, qu'on le veuille ou non, la peur est partout. Au détour d'un conte de fée, au bout d'une phrase en suspens, ou dans la littérature enfantine et au coin de la rue. La peur de l'inconnu, tout d'abord, et puis celle qu'on a connu et qu'on redoute de voir ressurgir!



Avons-nous des mécanismes pour affronter la situation? La fuite? Courir plus vite qu'elle sans se retourne? Croire qu'elle est une poupée de chiffon que l'on peut fouler du pied? Se faire croire qu'on peut lui faire peur? A chacun sa méthode, à chacun son histoire. Certains parmi nous en on même fait leur amie. Ils ont apprivoiser le grand frisson...



Dès 3 ans, vous pourrez aller voir le Criquet de Z. Miler (1978). Parole de public, les mains frappent en rythme la musique et le souffle est retenu tant ce petit criquet mélomane vit des histoires passionnantes. A ce propos, (petite réflexion de grand), il joue bien mieux de la musique que ces acolytes, et c'est d'ailleurs cette même musique qui lui permettra de se sortir d'une école buissonnière hasardeuse. De là à penser que le talent de prendre des risques vaut toutes les Ecoles, du moment qu'on ose, n'y a-t-il pas qu'un pas? Je vous laisse le franchir (ou non) en fin de séance.



Puis pour les plus grands, une histoire coréenne qui aurait pu être de n'importe où, Jiburo de L. Jung-Hyang (2002). Une histoire de Grand-mère où le caprice se heurte à la patience, où la colère se cogne à l'amour, où la méchanceté ne trouve aucun refuge... Et si la peur d'être aimé était plus effroyable que de ne pas l'être? Une peur pleine d'émotion ... (prévoyez vos mouchoirs!!!)



Et enfin les Petits Frissons... vous y croiserez un enfant qui est prêt à tout pour son ours, un huit clos festif et angoissant, une remontée dans le temps surréaliste, un enfant qui a perdu son chemin et enfin un rat qui nous ramène à une narration plus traditionnelle et dont les péripéties sont presque rassurantes. En fin de projection vous découvrez le travail de l'atelier Anim'ta peur, durant lequel des enfants entre 8 et 12 ans ont dessiné, puis animé des histoires qui font peur. Nous sommes alors très loin d'un monde onirique qui caresse la peur dans le sens du poil. Je ne suis d'ailleurs qu'à moitié surprise de découvrir meurtre, engloutissement, métamorphose maléfique et monstres aux dents acérées, dans des courts saccadés et sur une musique d'ambiance hitchcockienne! S'agirait il d'une peur bien réelle, transplantée cette fois par nos médias bien plus que par la fiction?



Et vous, Madame Bercher, quelle est votre plus grande peur cinématographique? Spontanément: "le Silence des Agneaux", et puis une hésitation, un échange d'email et plus tard dans la soirée un message... "Je reste sur le Silence des Agneaux. Je me souviens de la nuit que j'ai passée ensuite...". Une nuit qui spontanément avait ressurgi... Mais rassurez-vous rien d'angoissant pour nos têtes blondes, juste des contes qui font frissonner délicieusement.

Le Petit Black Movie se poursuit jusqu'au Dimanche 20 avec ses ateliers et ses films fantastiques...

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Submitted by sandbp on Sun, 13/02/2011 - 23:42