Antigel Festival: Cabaret Chorégraphique

Allez savoir pourquoi, mais j'ai toujours le trac avant d'aller voir un spectacle. Etrange, non? Alors quand l'ADC nous fait entrer en grande pompe par la porte de derrière, je me sens comme culbutée dans mes petits rituels. Et je dois avouer que j'aime ça!

Je suis bien tentée de vous décrire la salle, mais ce serait vous priver de la découvrir par vous même. Quoiqu'il en soit j'enclenche sur le champ le mode standing ovation pour  Bernard Delacoste. Il signe la scénographie d'un univers inattendu et qui du reste tranche radicalement avec ce qui va suivre. Dans ce décor qui donne envie d'engloutir des litres de champagne sous une cascade de rire (et tout ça avec classe et distinction, évidemment), on s'attend à voir défiler effeuilleuses rock'n roll et illusionnistes vintage. Mais voilà que ce sont des "Chip N Dale" d'un nouveau genre qui ouvrent le bal...

Allez-y entre amis, ou pour mettre le grappin sur votre prochaine conquête et discuter culture entre 2 compartiments. Car il s'agit bien d'un train, qui vous embarquera pour un voyage détonnant durant lequel vous croiserez, selon le programme, un duo se construisant sous vos oreilles, une Cabossé berlinoise et une Marilyn rouge sang.

Avec POPSONG, vous trébucherez dans l'histoire contemporaine de la Rupture où les mots singles et les fausses notes sont authentiques. Un enregistrement, un mix et une diffusion en live. Petit bémol ce numéro (n'oublions pas que nous sommes  tout de même toujours dans un cabaret) aurait mérité un mixage un peu plus affiné, avec des percussions un peu moins présentes. Puis de stations en couloirs, vous rencontrerez des ex-danseuses devenues chanteuses.

Une Cabossé crée pour l'occasion et interprétée par Prisca Harsh dont la voix (pas toujours maintenue...) ressemble étrangement à celle de Jeanne Balibar, éraillée et envoûtante. Un phrasé chanté, pour un texte qui, malheureusement, présente souvent des faiblesses. Serait-ce dû à une écriture sur commande, trop fraîche? trop jeune?

Quand à la formation Zelda Song, elle offre un dépoussiérage intégral d'une Marylin plus sensuelle que jamais et qui a dû faire valser plus d'un slip. Oui, Madame! Je le dis haut et fort, l'association Maud Liardon + Pola & le groupe KMA ça fait valser les slips! Marilyn sans guimauve, sans boucles blondes peroxydées, sans robe à paillettes, une Marilyn écorchée qui donne envie de danser collé-serré.

Restera à découvrir le collectif Rrrrr qui "s’inspire du cabaret d’Entre-deux-guerres actualisé à la sauce R’n’B. Roulement de tambour, crescendo, show, ils s’amusent et abusent de l’exubérance". Ainsi que le Kabaret Galaktika, qui traversa les planètes et les mondes, et qui annonce "un peu de sexe intergalactique d’en deçà du temps des battements et bruissements stellaires".

Je me suis arrêtée avant, quelque part entre Zelda Song et Rrrrr. J'ai laissé filer le train avec, j'en suis sûre, son lot de surprises... 

A vous de le saisir, il roulera encore du 8 au 19 février.

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Submitted by sandbp on Wed, 09/02/2011 - 08:21