Anthony-Cédric Vuagniaux, Tony Snake: un seul et même bonhomme

A sept ans, dans le salon de son grand-père, Anthony-Cédric tombe sous le charme du vieux synthétiseur Roland de son oncle, compositeur de musique de cinéma classique, et s’ennivre de ses sons chauds.  Ce goût pour la musique se confirme lorsqu’il rentre un jour du bric-à-brac hebdomadaire de son école et qu’il chante par coeur le morceau "Dans les steppes de l’Asie centrale" de Borodine.

C’est le début d’un long périple. Il bidouille sur un Bontempi que lui offre son père, s’enregistre sur audio-cassette et crée des sons sur l’Amiga 500 familial.  A onze ans, sa mère décide de l’inscrire au Conservatoire, dont il ressort très vite. Son professeur n’apprécie que très peu le fait qu’il déforme des partitions de Bela Bartok.

Inspiré par les Black Sabbat, Led Zeppelin, les Doors, Jean-Michel Jarre ou encore par de vieilles musiques de films, son adolescence se poursuit entre création d’un groupe de rock fusion, essais auto-didactes, enregistrements de sons et compositions de morceaux ambient et techno.

Entre 18 et 21 ans, Anthony-Cédric officie en tant que batteur et compositeur au sein du groupe genevois de rock sombre Desdemona qui fera notamment les premières parties de Aston Villa, Dyonisos et Mother Kingdom. Par la suite, il ressent le besoin de retrouver son indépendance et de se perfectionner. Pour cela, il poursuit ses expérimentations dans son studio qui lui fait office de laboratoire.

C’est lors du décès de son père en 2003 que survient un déclic et que naît une détermination nouvelle. Anthony-Cédric Vuagniaux crée un alias, Tony Snake, doux mélange de Super Mario et de Freddy Kruger, qui utilise tous les moyens numériques possibles pour créer des sons fantaisistes, expérimentaux, au moyen de software, synthétiseurs virtuels, de moogs ou d’outils digitaux. Ce monsieur fantaisiste passe  son temps derrière son ordinateur à réaliser des séquences et à apprendre le mixage à l’aide de studios numériques comme Cubase.

Vers 2005, il se met enfin en relation avec des artistes internationaux, s’inscrit sur MySpace et surfe dans le cyber univers.  En été 2007, l’un de ses morceaux "Bulldozer", déglingué mais dansable, est applaudi sur le blog français Kidz by Colette et la même année, il est intégré sur l’une des compilations du magazine aux tendances éléctroniques, Tsugi. 2008 est une année décisive : Street Tease, blog parisien en vogue tombe sous le charme du musicien et intègre deux de ses morceaux, "Bulldozer"  et "The little François", sur ses compilations. Dans la lancée, Tony Snake se produit à Paris au Java, Chez Régine ou encore à l’Alternative.  En septembre, et grâce des nettoyages d’appartements après décès qui lui permettent de financer ses productions et d’acheter du matériel, il sort  l’album "Rendez-vous chez le dentiste" avec à la clef une distribution internationale. Enfin, il fonde son propre label, Plombage Records. **

En 2009, les Créatifs suisses choisissent son morceau "Avoid the chainsaw" dans leur combat pour la lutte antirascisme. Sortie de son second album "Foufounes Alkantara" dont l'étui est réalisé par Cédric Blaisbois, graphiste parisien. Ce contact lui permet de rencontrer Mister Flash de co Ed Bangers pour qui il produit des samples et contribue au morceau Flesh. C’est aussi la rencontre via Myspace de Gian Franco Morini, movie maker, d’origine bolognaise vivant à New-York, tombé sous le charme des ses morceaux qui réalisera pour lui par la suite plusieurs teasers promotionels. Enfin, en fin d’année, Sumo et Detroit Grands Pubahs lui commandent un remix de "Bootywoodpecker". Début 2010, sortie de "Karatéka", un EP de 4 titres.

Puis, l’envie de refaire des choses à l’ancienne resurgit, et c’est sous Anthony-Cédric Vuagniaux que naît l’album Souvenirs Electroniques, accompagné d’un immense besoin de revenir aux instruments.

La faune qui suivait Tony Snake n’adhère pas forcément à cet univers rétro, mélange de musique classique, de sons acoustiques issus de vieilles machines (moog, mini-moog, rhodes, solina, crumar, clavinet, farfisa, orgue de recherche de 1968, boite à rythme Univox, Theremine, et autres bandes magnétiques,) ou d’instruments acoustiques de toutes éthnies (flute, tablas, darbouka, piano, percussions).  Un public autre se crée, moins jeune que celui de Tony Snake l'enfant révolté.

Anthony Cédric Vuagniaux, homme orchestre, est un comique qui revisite les sentiments les plus profonds.  Il travaille à l’ancienne, en mode acoustique, au micro. Il joue lui-même des instruments et fait appel parfois à d’autres musiciens pour des instruments qu’il maitrise moins bien. Le 31 décembre 2010, au prix d’un travail acharné et de nuits blanches interminables, il sort l’album "La Bobine Magique" pondu en 4 mois et qui sera publié dans les magazines TRAX et TECHNIKART. La compostion, le traitement du son ainsi que la production sont entièrement "faits maison". Il retrouve à l’oreille les combinaisons sonores de compositeurs des années 50, 60 et 70 et les exploite dans ses morceaux.  Il s’inspire des musiques d’Ennio Morricone (Westerns spaghetti), de Piero Umiliani, de François de Roubaix (Chapi Chapo, Les Chevaliers du Ciel), de John Barry (Amicalement vôtre, James Bond),  ou encore de Gianni Ferrio (Le dollar troué, L’Ile mystérieuse).

Anthony-Cédric Vuagniaux travaille actuellement sur son 3ème opus, qui sortira en janvier 2012 et dont l’univers se veut dans la lignée de celui de "Souvenirs électronique" ou de "La bobine magique".

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Submitted by Garance on Wed, 04/01/2012 - 23:24