Amours baroques pour clôturer la saison de l'ADC

L’ADC, en collaboration avec le GRÜ et la Comédie, présente au BFM du 22 au 25 mai 2012, une recréation et pas des moindres. Vingt ans après, Noemi Lapzeson nous présente une nouvelle version de sa pièce Monteverdi amours baroques. Rien de tel pour clôturer la saison riche en émotions, que de se gorger de passion avant l’été, une saison des plus sensuelles s’il en est.

Le langage de Noemi Lapzeson passe indéniablement par le corps. Sa grammaire s’appuie sur la musique dont elle tire une gestuelle poétique.  Ainsi mouvement et musique sont d’égale importance. Noemi Lapzeson considère le mouvement non pas comme une fonction du corps, mais comme un développement de la pensée. «Regarder la musique, écouter le geste comme un prolongement de la pensée et de l’émotion», rien que le titre suggère pièce à «voir» et «écouter», mais surtout à «palper» dans sa forme la plus ténue: l’émotion. 

Si Monteverdi se posait la question de «comment parler en musique», Noémie Lapzeson s’interroge sur «comment arriver à regarder la musique» ? En effet, il s’agit pour elle de donner un sens scénique actuel à une musique composée au début du XVII siècle, dans un contexte donné. Ce qui lui paraît primordial, c’est l’absolue nécessité d’une conscience logiquement articulée, organisée et qui vise pour reprendre Debussy à « aller jusqu’à la chair de l’émotion ».

À la manière de Monteverdi qui traite indistinctement dans ses compositions les textes religieux et profanes, Noemie Lapzeson traite de l’absence de frontières entre l’amour dit profane et l’amour dit sacré. Elle va jusqu'à les faire se confondre dans une sensualité et un sentiment religieux, qui les fait abonder dans le même sens. 

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Submitted by sandbp on Mon, 21/05/2012 - 20:29